La destination ultime (7/7)

Publié le par Aurélia LEDOUX

La destination ultime (7/7)

Message du Professeur Zolmirel (suite et fin)

 

 

Nerti et Zilner ouvrent les yeux, surpris de retrouver la belle salle bleue. Ils se sentent un peu vacillants et ont du mal à se redresser.

 

  • Allez-y doucement, cela est normal, fait le sage Zablinsk. Je suis très fier de vous tous !

  • Nous avons pu parler aux Gzokis ! lance une petite alien bouleversée.

  • Ils sont comme nous, mais il y a tant à faire chez eux. La planète est complètement gelée. Ils ont tant de courage pour vivre là-bas ! expose Nerti avec admiration.

  • Je suis impressionné par ces concentrateurs qu'ils ont développé. Cela leur permet d'alimenter les serres en énergie. Ils survivent malgré l'hostilité de ce monde. Votre action est très méritante. Elle a été déterminante. Les experts vont prendre le relais. Ils vont tenter de tisser un lien psychique sécurisé avec le sage Alnidim. Cela permettra de préparer au mieux notre arrivée. Tout doit se faire à l'insu des dirigeants cupides.

 

Les enfants sont encore un peu sous le choc de tant de révélations. Maintenant, ils peuvent mettre un visage sur leurs lointains descendants. Ils sortent en vacillant de la salle et se dirigent vers le réfectoire.

 

Je sors à mon tour de ma léthargie. Tout cela est si incroyable ! J'éprouve un sentiment de fierté intense en songeant à ce lien nouveau, à ces Gzokis si accueillants que les enfants ont découverts. Ils ont de même aidé un vaisseau à échapper au régime impérialiste des femelles autoritaires de Lehendrin. Où se trouve donc ce ce vaisseau à présent ? Mille questions se bousculent en mon esprit.

 

Je m'active en cuisine pour faire réchauffer les plats, car tout le monde va bientôt arriver.

 

Au bout de quelques minutes, Erazel se manifeste. Elle m'aide à dresser la table.

 

  • J'espère que les passagers de l'Imeltina sont saufs. Après tout, la durée de survie d'un navire à l'arrêt dans l'espace est seulement de 28 jours.

  • Oui, en effet. Ils ont été secourus, expose Erazel en riant. Une rébellion d'aliens sur Lehendrin ! Vous pensez bien que c'est le moment que j'attendais avec impatience ! Il a fallu les ravitailler en eau et en méthane. Ensuite, une escorte a été mise à leur disposition. Ils ont confiance et font route vers Thamnoth.

  • Il faudrait peut-être les prévenir de ce qui se trame là bas... exposais-je. Ils ont échappé à un régime impérialiste. Ce n'est pas pour qu'ils retombent sous l'oppression d'un autre, encore plus cruel.

  • Je suis d'accord. Mais les mâles assujettis de Lehendrin pourraient changer bien des choses sur Thamnoth, là où cette fois les femelles sont considérées comme des esclaves. Les plus grands sages méditent là dessus, et toutes les fins ne leur apparaissent pas encore. Ils seront informés en toute transparence de ce que nous avons découvert sur le régime Gzoki, les expériences et le reste.

  • En quoi consistent ces expériences ? demandais-je. Tentent-ils de manipuler l'organisme des mères pour les faire enfanter ?

  • Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit. Si j'ai bien compris, ils implantent des formes de vie en leurs corps, en modifiant le génome des enfants. Ces expériences sont abominables. Beaucoup des habitants s'y opposent. Heureusement que les Gzokis de la surface sont plus éclairés. Il semble exister là-bas une sorte de seuil dimensionnel. J'ai bon espoir pour ce monde. Ils savent qu'autrefois, ils ont fait bien du mal à leur planète. Ils tentent d'y faire germer un peu de vie. Les êtres de lumière sont décidés à les aider. Ils pourront nettoyer les sols en profondeur, de manière totalement insoupçonnable, bien entendu. Les ruines seront laissées en place par respect.

  • C'est incroyable. Vous parlez comme si vous aviez eu vent du futur de ce monde, répondis-je à Erazel qui assaisonnait une salade avec dextérité.

  • Oh non, pas moi. Mais votre grand-père Oralecto est un grand prescient et un sacré farceur. Il entrevoit ce qui est le mieux pour nos nouveaux amis !

 

Le soir arriva et avec lui, Amoni, Minel, Zilmis et Limmel revinrent. Ils avaient tous eu vent de l'incursion des enfants et s'en estimaient plus que ravis. Le soulèvement d'esclaves sur Lehendrin les combla de joie.

 

  • Kalahar est des plus heureux ! nous assura Limmel. Il a bondi de joie, lorsqu'il a appris que les esclaves avaient arraisonné le long courrier sur lequel ils travaillaient depuis plus d'un an. Certaines femelles ont participé à l'opération pour aider les mâles à fuir. Une enquête a été effectuée sur le sabotage de la porte. Quant aux grues géantes, elles ont pu être désarrimées avec une étrange facilité.

  • La manœuvre des pilotes était très risquée, assura Amoni, en habile pilote. Pour générer des vecteurs de poussée aussi précis, ils ont dû longuement s'entraîner sur un simulateur de vol. Plus un long courrier est massif, plus les procédés de dégravitation sont complexes. Il devait y avoir beaucoup de femelles complices et expertes en gravité.

  • C'est bien certain, souligna Erazel en riant. Il le fallait. Il aurait été très dommage que cette grue retombe ainsi sur un si beau navire. Les enfants et Zablinsk ont bénéficié d'un peu d'aide de notre part. Mais ils ont fait le plus gros travail eux-mêmes. Ils ont gagné la confiance des Gzokis et révélé des contacts privilégiés dont nous ignorions l'existence. En ce moment, les experts cartographes reconstituent la surface de Thamnoth. D'autres prescients vont en explorer les régions dans les semaines à venir. Ils vous feront parvenir bien plus d'informations sur les sols, me dit-elle avec bonté.

  • J'imagine qu'ils vont tenter de localiser les villes souterraines, les concentrateurs de lumière, les zones d'éclairement, émit Amoni.

  • Le sage Alnidim nous indiquera tout cela. Il est désireux de protéger notre expédition. C'est un être très prévenant, d'une immense grandeur. Il a beaucoup étudié le climat de Thamnoth.

 

Notre repas se poursuivit dans l'allégresse. Ce seraient des siècles et des siècles d'efforts. Mais peut-être qu'au bout de plusieurs générations, les Gzokis verraient un peu de verdure prospérer par endroits sur leur monde. Une chose était sûre, l'angoisse qui m'étreignait à l'idée de les rencontrer s'était muée en une douce euphorie. Je n'avais plus peur de voguer vers l'inconnu. Les enfants avaient aplani notre route.

 

Je vous souhaite à tous de vivre pareillement de belles découvertes. Je vous remercie pour votre intérêt. Par delà vos ancêtres, nous retissons patiemment le lien que nous avions avec les vôtres. Votre monde est aussi un monde ami.

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes : 

 

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