L'enfant inattendu (4/4)
Message du Professeur Zolmirel (suite et fin)
Nous avons rejoint notre ami Amarrik. Il discourait passionnément avec plusieurs techniciens devant une console.
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Le vaisseau se comporte bien, dit-il, et même très bien. Les ingénieurs sont comblés, cela est mieux encore que leurs prédictions.
Vint un guérisseur qui nous ausculta les uns après les autres.
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C'est impressionnant, dit-il à Erazel à voix basse. Je n'ai jamais vu un enfant si jeune résister si bien à sa première accélération. D'habitude, leurs mains comportent des ecchymoses.
Il murmura des bénédictions et s'éloigna. C'était la vérité. Normalement, un petit alien d'à peine deux ans n'aurait pas dû pouvoir résister à autant de g. Ses mains, et sûrement son intérieur risquaient de comporter des épanchements. Mais Xalol allait aussi bien que faire se peut. Son visage reflétait l'euphorie qui nous animait tous.
Je pris place aux côtés d'Amarrik, qui regardait des données arriver sur son écran. Ma présence silencieuse lui permettait de se concentrer.
Il me demanda de l'aider à aller récupérer les senseurs positionnés sur un certain nombre d'androïdes. C'était un travail simple.
Nous nous sommes approchés d'androïdes en métal installés dans des sièges, et entourés de coussins et de sangles nombreuses.
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Ils ont bien résisté à la poussée, dit-il. Cela a beaucoup été amélioré. La plupart sont des androïdes de ménage ou de maintenance, mais les techniciens qui veillent sur eux y sont très attachés.
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C'est surprenant qu'il faille autant de précautions lors de leur accélération, exposais-je.
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Détrompez-vous, fit Amarrik. Ces androïdes ont dû être conçus avec des alliages des plus résistants. Comme leurs blindages étaient en métal, et l'intérieur en fibre de verre ou en résine fragile, cela créait des différences de résistance. Ils avaient tendance à se fragiliser au niveau de leurs articulations. Il a fallu tout repenser, et créer des jointures qui résistent à l'écrasement sans se briser. Les sièges aussi ont été repensés.
C'était un travail intéressant. Aucun androïde n'avait souffert. Ils s'éveillèrent les uns après les autres, rejoignant les techniciens soulagés.
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Les experts en androïdes m'ont expliqué que chaque androïde avait pour ainsi dire sa propre personnalité. Ils n'en comprennent pas toujours les mécanismes, exposa Amarrik. Certains disent qu'un esprit distinct s'est posé à l'intérieur, et donc, que cela les fait rayonner différemment. Mais les nôtres tendent à être un peu superstitieux parfois, s'excusa-t-il.
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J'ai un très bon ami qui pense comme vous, dis-je en pensant à Amoni. Il est convaincu que toute chose vivante ou inerte est animée d'un esprit. Les Kolals vénèrent les esprits de la nature. Cela rejoint votre pensée.
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J'en suis ravi, fit Amarrik. Maintenant, c'est à votre tour, dit-il en clignant de ses grands yeux de nuit. Vous allez être conviés dans la salle d'observation.
Il nous mena donc par quelques couloirs jusqu'à une salle en forme de coupole, mais basse de plafond et douillette. Des sièges inclinés y avaient donc été installés. Notre groupe en tout d'une trentaine de voyageurs y prit place. Les sièges ressemblaient à des fauteuils de salon ordinaires, mais étaient truffés de capteurs à l'intérieur.
C'était vraiment des plus agréables. La lune apparut sur l'écran, si grande, si splendide. Je versais une larme d'émoi, car en même temps, une très belle musique résonnait. J'admirais de hautes montagnes parées de givre, une vue rasante d'une base stellaire et de plusieurs volcans.
Le petit Xalol fut émerveillé par la vue d'un astéroïde paré de superbes montagnes de glace, avec des reliefs marbrés de gris ardoise et de traces rougeâtres.
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Vous avoir construit une cité sur petit monde ? demanda-t-il avec candeur.
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Non, mon enfant, cela n'a pu être effectué, fit Erazel. La gravité de l'astre est trop instable, il n'est pas encore assez grand. Pour ériger une cité sur un astéroïde, il faut qu'il soit entouré d'une fine atmosphère. Ensuite, on peut l'ioniser, afin de faire un écran convenable pour protéger une cité. La plupart des cités stellaires ont des dispositifs de protection très importants. Celles des aliens de nuit rentrent dans le sol au besoin. Elles sont indétectables. C'est important qu'il en soit ainsi, avant de faire venir des familles entières. Les villes bâties sur des astéroïdes sont toutes à demi souterraines.
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Moi aimerais bien en visiter une, émit le petit alien avec curiosité.
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Ce sera pour une autre fois, s'amusa Erazel.
En effet, le berceau bleu vert de notre monde se profilait, et nous avons alors regagné le petit salon.
Cette fois, des mannequins avaient été installés différemment, complètement couchés. Je pris place sur mon siège, très ému de contempler la belle Ellakhi. Je dus m'assoupir, car je n'ai pas d'autre souvenir.
Lorsque j'ouvris les yeux, Erazel discourait avec Amarrik, berçant le petit Xalol endormi tout contre elle.
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Voici de nouveau une très belle aventure, me dit-elle en me faisant un clin d’œil.
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C'est donc là l'enfant parfait au teint de neige ? émit Amarrik en murmurant des prières. Je vous remercie de m'avoir permis de le contempler, nous dit-il avec émoi. Je serai heureux de le revoir et de pouvoir de nouveau traverser les cieux en sa compagnie.
Il s'essuya les yeux, nous bénit et s'éclipsa.
Un peu abasourdi et l'esprit vaguement flottant, je me retrouvais dans l'immense grotte, auprès du vaisseau flambant neuf. Experts et techniciens échangeaient joyeusement, louant les qualités du superbe navire.
Erazel m'invita à la suivre. Nous avons rejoint sa maison douillette par une autre arcade. Elle alla coucher le petit Xalol.
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Il a eu de fameuses émotions pour aujourd'hui, s'amusa-t-elle. Quelqu'un vient de loin pour le voir. Demain, j'attends le vaisseau d'Esvar et de sa famille, fit-elle en montrant la prairie. Tous ont hâte de le rencontrer.
Je souris à mon tour. Le frère d'Amoni était un alien très agréable. Avec son épouse Minvela, ils avaient deux enfants attachants.
Je revins à mon logis d'un pas chancelant. Zilmis et Amoni m'accueillirent. Ils étaient au fait de mes péripéties lunaires.
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On peut dire qu'Erazel est une sacrée farceuse ! Avec elle, on ne s'ennuie pas, avouais-je à Amoni. Le petit Xalol a enfin pu voir l'espace et tout s'est très bien passé. Demain, il sera en compagnie d'Esvar, lui appris-je. Elle profite du fait que ses parents sont un peu mieux disposés par rapport à l'espace pour l'instant.
Je crus bon de préciser cela, car le frère d'Amoni habitait sur un astéroïde.
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Vous semblez encore un peu sous le choc, fit Amoni en promenant un senseur autour de mon visage. Mais rien de grave. Xalol n'a pas eu d'épanchements ? s'enquit-il en guérisseur consciencieux.
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Aucunement, exposais-je. Ni à l'aller, ni au retour. Les experts ne comprennent pas cela.
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Se peut-il que la prophétie soit vraie ? demanda Zilmis.
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C'est comme si toute la structure de son corps était différente, exposa Amoni avec quelque fascination. Il semble abriter bien davantage d'énergie, de corpuscules de lumière. Je suis content qu'il ait pu vivre son rêve et qu'Erazel puisse croire en lui. Cela est important.
Nous nous sommes étreints en nous souhaitant une bonne nuit. Je gagnais mon lit, m'endormant aussitôt. Mes rêves furent paisibles. Je m'amusais de voir le petit Xalol si heureux gambader à l'intérieur du beau vaisseau brillant.
De très belles choses adviendraient nécessairement. Pour commencer, il viendrait séjourner quelque temps chez nous !
Je vous remercie, chers amis de la Terre bleue. Vous avez ce bel accueil du cœur. Votre monde est aussi un monde ami, et les peuples de l'espace sont comblés de pouvoir communier avec vous.
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