L'enfant inattendu (3/4)

Publié le par Aurélia LEDOUX

L'enfant inattendu (3/4)

Message du Professeur Zolmirel (suite)

 

 

Une silhouette apparut, et un alien Denakh me dévisagea avec étonnement.

 

  • Que faites-vous donc ici ? s'étonna-t-il d'un air méfiant.

  • J’attends Erazel et Xalol, répondis-je. Ils sont partis visiter la partie basse. Cela est un peu trop pour moi après ma journée de travail.

  • Ooh, vous êtes avec l'enfant ? Veuillez m'excuser, répondit-il plus courtoisement. C'est que, nous ne sommes pas habitués à avoir des visiteurs. L'enfant est très spécial, reprit l'alien d'un ton teinté de mysticisme. Certains parmi les miens l'ont reconnu. C'est lui qui fera le pont avec nos très lointains ancêtres, disent les légendes.

  • Je le souhaite, exposais-je. Les Gzokis m'ont l'air d'excellente compagnie, des génies de la plus haute pensée. Nombre parmi les miens sont impatients de connaître leur monde, la lointaine Thamnoth.

  • Vous connaissez donc Thamnoth ? s'enquit le Denakh. C'est une heureuse surprise, fit-il avec courtoisie.

 

Il prit place à mes côtés, et je le détaillais plus amplement. C'était un grand valet, habillé avec beaucoup d'élégance de bleu nuit et de bleu plus clair, une couleur inhabituelle pour les siens. Il était de grand taille et de belle allure. Comme la plupart des Denakhs, il portait une veste élégante et un collant qui se terminait par des bandelettes au niveau de ses chevilles.

 

  • Je me nomme Amarrik et je m'occupe de la timonerie, dit-il. Une fois le vol inaugural accompli, je serai affecté à un autre vaisseau, peut-être l'Heskudden.

 

Je me présentais à mon tour et une conversation plaisante débuta. Elle dura longuement. Mon nouvel ami m'avoua une chose importante.

 

  • J'aimerai beaucoup faire partie du voyage vers Thamnoth, émit le Denakh. Comme tous les miens. Je me plais beaucoup sur votre monde, c'est une chance qui s'est offerte à moi. J'y ai découvert tant de choses !

  • Tous ne feront pas partie du premier voyage, émit Erazel qui revenait avec Xalol, mais il y en aura d'autres, c'est ce que je pressens, fit-elle en souriant.

 

Amarrik nous escorta pour visiter le reste du vaisseau. Il se fit un plaisir de nous exposer par le menu détail comment toutes les parois avaient été assemblées. J'avais quelque peu mal aux jambes, mais il était si agréable que toute douleur s'échappa de mon esprit.

 

À un moment donné, un signal résonna.

 

  • Juste à point, fit notre ami. Les passagers doivent rejoindre la salle d'envol, le vaisseau va bientôt appareiller.

  • Oooh, c'est vrai ? demanda Xalol incrédule avec un large sourire.

  • Oui, mon cher enfant, fit Erazel en riant. Cela était une surprise !

  • Où allons-nous donc ?

  • Oh, pas trop loin, nous allons juste faire le tour de notre lune, puis peut-être raser la surface de deux ou trois astéroïdes. Nous serons escortés.

 

Nullement fatigué, l'adorable petit Xalol escalada un escalier en quelques enjambées, et se rendit dans une nouvelle coursive qui aboutissait au salon d'envol.

 

Je pris place avec soulagement sur un siège. Pres de nous, les hublots montraient les parois de la vaste grotte. Loin devant, un éclat éblouissant lié à la lumière du jour était visible. Surexcité, le petit Xalol détailla d'un œil curieux des mannequins entourés de fils et de capteurs installés sur des sièges. D'autres voyageurs arrivèrent et prirent place à leur tour. Puis, on nous servit un breuvage apaisant, en quantités adaptées à chacun.

 

J'entrais en une demi rêverie paisible.

 

Les ponts et les tours de maintenance étaient reculés de notre esquif à l'extérieur.

 

Notre lune, un astre recouvert de glaces et de cratères, possédait plusieurs bases. La plupart étaient occupées par des scientifiques, des géologues, des astronomes. Xalol était assis entre nous deux. Nous l'avons étreint pour l'apaiser, car il semblait assez impressionné à mesure que les petits carrés diminuaient sur l'écran du compte à rebours.

 

Un grondement sourd se propagea à toute la structure du vaisseau. Puis, il enfla et se modula. Le vaisseau vibra, et plus rien. Le bruit se fit inaudible à mesure qu'il s'élevait. Ensuite, le navire gagna la grande porte du hangar sans la moindre secousse. L'éclat du jour révéla la canopée tout en bas. Le vaisseau fila vers les cieux avec célérité. Au niveau du sol, les spectateurs immortalisaient notre envol avec de multiples caméras.

 

Empli d'excitation, Xalol fixait la jungle émeraude, alors que le pilote effectuait un arc de cercle. Son visage exprimait le contentement le plus parfait. Puis, le navire redressa sa proue et gagna les cieux, en une accélération phénoménale. Ivres de vitesse, nous avons éclaté de rire.

 

Le ciel, à l'extérieur, devint d'un bleu outremer de plus en plus sombre, pour devenir d'un noir intense. Vint une nouvelle poussée, qui nous colla à nos sièges.

 

Les hublots révélèrent alors une lune d'une taille prodigieuse, qui approchait au fil des minutes.

Nous avons été autorisés à nous lever.

 

Je m'approchais des hublots avec le petit Xalol. Notre lune nous souriait, révélant la brillance de ses volcans couverts de glace, des reliefs acérés bruns et argentés, et l'éclat fantomatique de quelques bases lointaines.

 

Un vaisseau escorteur nous suivait de près, il possédait des lignes effilées. Ses parois étaient bleu nuit métalliques. Sa présence était essentielle et permettait d'établir de nouveaux relevés.

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes : 

 

Publié dans Messages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article