La révolte silencieuse (4/6)
Message du Guérisseur Lestrys (suite)
Orsone et le guérisseur Lestrys sont dans une bibliothèque et discutent des nouveaux quartiers qui vont être alloués aux servants. Ils ont la faculté d'échanger des images par la pensée.
L'ancien projeta sa pensée en mon esprit, et je fermais les yeux. Je perçus aussitôt un fluide chaleureux intense, et m'échappais hors de mon corps, étendu dans le grand fauteuil.
Orsone me montra des pièces claires, bleu pâle pour la zone de lecture, et une grande salle accueillante garnie de végétation, aux murs orangés de forme arrondie.
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Ce sera leur salle de repos. Vos idées sont brillantes, exposa-t-il. Je suis heureux de pouvoir me racheter.
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Vraiment ? demandais-je avec stupeur. On dirait qu'il s'est passé quelque chose pour que vous agissiez ainsi.
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Oui, il s'est effectivement passé quelque chose. Seule ma pensée me permettra de vous le conter, car cela est si tabou... il est interdit sur notre monde de parler de l'incompréhensible, de l'intangible. Autrefois, j'étais un chercheur fasciné par la science, comme l'étaient mes ancêtres, fasciné par le voyage stellaire. Néanmoins, je suis revenu sous une forme un peu différente du précédent Orsone, lorsque j'ai été recréé. Celui-ci aspirait à comprendre la pensée, les réactions d'autrui.
C'était la vérité. Sur mon monde, les premiers appartenaient à la même lignée génétique dite « pure ». Lorsque leur corps devenait affecté par l'âge et qu'ils mouraient, leurs cellules étaient dupliquées en laboratoire, à partir de cellules souches originelles, abritées en une banque de données impériale. Aussi, vie après vie, ils reprenaient un nouveau corps.
J'aperçus Orsone, un peu plus jeune et marchant sans canne. Il avait fière allure en son habit de premier pourpre paré de broderies blanches. Il se trouvait au large d'une base sidérale, abritée à proximité d'une lune glacée. L'aire de lancement avait été apprêtée pour le décollage. Un superbe vaisseau de métal bleuté se devinait dans le fabuleux hangar. Les derniers bagages transitaient sur des rampes de chargement semi automatisées.
Orsone embarquait, deux petits êtres marchaient à ses côtés. Avec lui, se trouvaient deux petits clones très jeunes, Stilnel et Zellys. Ils se dévisageaient avec tendresse, les enfants très impressionnés par l'immense géant aux petites fenêtres dorées.
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Nous partons pour un nouveau monde, elil ? demanda Stilnel le plus jeune.
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Oui, en effet. Nous allons recueillir de nouvelles formes de vie dans l'espace, répondit Orsone en souriant.
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Allons-nous trouver des plantes lumineuses ? s'enquit le deuxième petit être.
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Oui, peut-être, fit Orsone. Nous pourrons ensuite les dupliquer.
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Y aura-t-il des animaux aussi sur la nouvelle planète ? demanda l'enfant.
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Oui, en effet, cela se peut. Il y aura peut-être des habitants aussi. Certaines planètes comprennent déjà des bases avec tout le confort. Les habitants sont très avenants.
Ils approchèrent de la porte luisant d'un éclairage doré chaleureux, avec un chariot à bagages.
Orsone franchit le marchepied, et une jeune alien aimable les mena vers leurs quartiers.
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Par ici, fit-elle en leur désignant des sièges inclinés. Voici votre breuvage.
Ils burent leurs tasses, puis les rangèrent. Ensuite, Orsone aida les enfants à se sangler dans leurs sièges. Il serra leurs petites mains, les embrassant pour les rassurer.
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Tout ira bien, leur dit-il, vous allez vous endormir, et nous « passerons » ensuite très aisément.
Les enfants, surexcités par le décollage, sentirent les grondement sourd des réacteurs qui démarrèrent les uns après les autres. Ils fixaient un écran bleuté sur leur gauche. Il contenait un nombre précis de points lumineux. Les points diminuaient, et l'écran devenait blanc, puis, il devint jaune, et vira en un rouge éclatant.
Le navire décolla, la poussée devint intense, les aliens plaqués à leurs sièges. Les systèmes de protection s'activèrent, limitant la pression sur leurs frêles silhouettes. Puis, plus rien, ils perdirent conscience.
Lorsqu'ils ouvrirent les yeux, les enfants virent Orsone soigner leurs petites mains. On y devinait quelques ecchymoses mineures.
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Ce n'est pas grave, leur dit-il en souriant. Cela arrive pour les nôtres. Vous avez parfaitement résisté à l'accélération !
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Et toi aussi ! lancèrent les enfants en l'embrassant.
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Nous sommes dans l'espace, ça y est ! s'extasia Orsone.
Ils sortirent de leurs appartements, puis gagnèrent le réfectoire. Orsone retrouva d'autres aliens, dont deux amis qu'il appréciait beaucoup. Chacun d'entre eux avait un clone avec lui. Ils prirent un repas agréable, puis chacun se détendit, en jouant à des jeux de hasard ou de stratégie. L'ambiance était pleine d'allégresse.
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