Le grand envol (3/5)
Message du Professeur Zolmirel (suite)
À cet instant, une douce lumière gagne le centre de leur table. Émerveillée, Limmel voit apparaître leurs plats qui embaument et leurs boissons.
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C'est extraordinaire ! lance-t-elle, les yeux brillants.
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Tout ceci a l'air délectable, se réjouit Kalahar.
Il passent un très joyeux moment à déguster leurs mets en discutant.
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Vous avez l'art de trouver les meilleurs endroits, assure Limmel. C'est comme si vous connaissiez cette station par cœur.
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Je travaille ici depuis près d'un siècle, assure Kalahar. Cet endroit est très attachant. Je l'ai vu s'embellir et s'agrandir au fil du temps. Avant, la station était constituée de trois longs courriers assemblés entre eux. Maintenant, c'est un ensemble épanoui, une vaste ville très esthétique, avec une forme arrondie très agréable.
C'est la vérité, de loin, la station ressemble à un ensemble de disques élégants harmonieusement superposés entre eux.
Kalahar est vaguement embarrassé.
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Avant tout, j'espère que mon âge n'est point trop avancé pour vous, parvient-il à exposer.
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Je trouve votre âge... fascinant, assure Limmel, en prenant un teint écarlate. Il m'arrive de penser avec bonheur à tous les mondes que vous avez visités. Il me faut vous avouer que je ne suis guère attirée par la jeunesse.
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Vraiment ? J'en suis tellement heureux !
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Mes parents m'ont écrit pour me présenter des aliens des montagnes qui souhaitaient me demander en mariage, mais jamais je n'épouserai un de ces rustres prétentieux ! Je suis tellement mieux avec vous, assure-t-elle d'un ton déterminé.
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Et moi aussi, déclare un Kalahar des plus rayonnants. Votre compagnie ensoleille ma vie. Avant de vous connaître, bien des choses me semblaient ternes. Nous avons vécu tous les deux des épreuves difficiles, mais sur un plan différent.
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J'espère que vous vous sentez mieux à présent, expose Limmel avec compassion.
Ils dégustent leurs desserts, qui apparaissent peu après que leurs couverts aient disparu.
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C'est vraiment un restaurant exceptionnel, assure Limmel qui est éblouie par l'arôme de son gâteau. Je n'en reviens pas de la rapidité avec laquelle tout est débarrassé.
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La vaisselle atterrit directement dans le polisseur. Il existe un senseur qui épargne bien du travail en cuisine. Il y dépose les nouveaux plats, dès qu'il sent que nous avons fini de manger tous les deux, lorsqu'il détecte nos pensées.
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Il existe des appareils qui sentent nos pensées ?
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Oui, cela a pris beaucoup de temps pour les mettre au point. La plupart des restaurants sont équipés de ce type de monte plat. Chacun d'entre eux est rattaché à une table. Le prescient indique à l'appareil le nombre de convives et les plats sont servis automatiquement. N'oubliez pas que certaines espèces hibernent et doivent consommer plus de vingt plats à leur réveil ! s'amusa Kalahar.
Limmel éclate de rire. Ils profitent de ces précieux instants.
Ensuite, ils félicitent le jeune prescient très intimidé.
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Bravo à toi, assure Limmel. Tout ceci était des plus excellents. Tu es vraiment très talentueux. Tu n'oublieras pas de dire aussi aux cuisiniers combien tout était réussi !
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Merci à vous honorables voyageurs, moi très heureux vous servir ! Je vous souhaite beaucoup de bonheur en votre destination future, répond le petit alien aux yeux brillants d'émoi.
Ils sortent du vaisseau, puis visitent les galeries marchandes colorées de la station. Limmel remercie Kalahar pour ce délicieux repas si raffiné. On trouve absolument tout, des centres de soin, de ressourcement, des tisserands, des denrées culinaires et également des œuvres d'art nombreuses. Les voyageurs peuvent troquer beaucoup d'articles. Limmel est éblouie par la perspective plongeante de 20 étages, qui donne sur les jungles parées de brumes de la zone environnementale en contrebas. Ils passent devant un libraire, puis reviennent au vaisseau.
Kalahar fait décoller le navire et entre dans une zone de transfert prioritaire, réservée aux habitants. Le navire suit une galerie souterraine, avec une ligne rouge lumineuse dessinée au niveau du sol. Un cercle de lumière se forme lentement devant eux, de couleur laiteuse. Il s'agrandit et entoure le vaisseau. Ils sont intégralement décontaminés par des rideaux d'énergie de plus en plus vifs. Ensuite, une fenêtre s'ouvre, ils peuvent passer.
Ils émergent dans un ciel bleu accueillant. Limmel est radieuse de contempler la forêt parée du coloris de certains arbres en fleurs. Elle éclate de rire.
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Pour le corps, cela n'est il pas dangereux à la longue, toutes ces procédures de décontamination répétées ? demande-t-elle.
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Non au contraire, assure Kalahar en riant. Il est certain que mon corps est absolument exempt de la moindre micro-poussière métallique ! Malgré tous les efforts mis en œuvre au niveau du champ qui entoure les navires et les stations, les voyageurs stellaires peuvent parfois absorber quelques particules radioactives issues de l'activité stellaire. Il peut aussi y avoir des micro-poussières en très petites quantité. Les études ont montré que la décontamination répétée du corps est un bienfait absolu qui permet de les ôter.
Le navire perd de l'altitude et ils arrivent de l'autre côté du village. Kalahar le pose avec précision, juste devant un parterre de plantes médicinales épanouies.
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