Un ami précieux entre tous (2/4)

Publié le par Aurélia LEDOUX

Un ami précieux entre tous (2/4)

Message du Guérisseur Lestrys (suite)

 

 

Au cours de mon sommeil, cette nuit là, mon esprit se dilata étrangement. Il s'échappa, rejoignant une fois de plus celui de Lahirel. Elle m'apparut, radieuse, si souriante, toute entourée d'une lumière blanc bleuté.

 

  • Racontez-moi ! lança-t-elle avec une joyeuse intensité. Je veux tout savoir sur mon fils ! Comment donc l'avez-vous connu ?

 

Alors, je lui fis cadeau de nos premiers échanges avec Eratsu. Ces instants avaient été pour moi très précieux.

 

C'était il y a bien longtemps, mais la scène jaillit avec toute son intensité. Je travaillais sur une base située sur le petit satellite rocheux d'une planète géante à l'atmosphère rosée. Elle se trouvait près de l'étoile que vous nommez Fomalhaut dans la constellation des Poissons.

 

Cette base comprenait tout le confort. À cette époque, j'avais été promu en tant que chercheur en vie première. Mon rôle était d'inventorier des formes de vie présentes dans la glace de ce monde. Elles étaient très importantes pour les nôtres. À ma propre stupeur, j'avais découvert des formes de vie de l'uranium, qui résistaient très bien aux radiations cosmiques, et qui pouvaient ainsi voyager à de très grandes distances.

 

De bon matin, j'arpentais les coursives quasiment désertes de l'immense base. Mon supérieur était un premier singulièrement grincheux, qui se nommait Herkox. L'âge qui avançait et ses mains déformées n'aidaient point son caractère à s'améliorer. J'étais malgré tout impressionné de ses immenses connaissances. Il m'avait fait mander pour lui apporter un compte rendu détaillé sur certaines formes de paramécies très bien adaptées au rayonnement de ce monde glacé, parcouru de particules hautement ionisées.

 

J'entrais timidement dans la salle « du lever », là où les plus brillants généticiens se regroupaient pour échanger et prendre leur premier repas. La plupart d'entre eux ne dormaient presque plus. En raison de leur âge, la vie de leur esprit était devenue très intense. Aussi, ils étaient heureux de discourir.

 

D'un seul coup, les généticiens me fixèrent tous ensemble d'un regard sévère, interrompant leurs échanges télépathiques. Je n'étais qu'un subalterne et ma présence était des plus incongrues.

 

Je m'approchais d'Herkox, occupé à siroter un breuvage, et débitais des politesses, comme cela était d'usage alors.

 

  • Ô noble maître, heureux soit ce nouveau jour pour vous. Voici là le compte-rendu que vous avez demandé.

  • Merci à toi chercheur Lestrys, émit Herkox en prenant le cylindre de données. C'est parfait, dit-il en m'accordant un de ses rares sourires. Prends donc un peu de ces beignets, ils sont excellents.

 

Abasourdi, je m’exécutais en le remerciant, il venait de me faire beaucoup d'honneur et je peinais à y croire. Ensuite, je quittais la salle, les généticiens attendant que je sorte pour reprendre leurs discussions scientifiques.

 

Je revins par des couloirs de métal grisâtres sinistres à souhait. J'avais mangé un beignet, il m'en restait deux. J'avais idée de les offrir à quelques petits clones de ménage filiformes, mais ils étaient des plus farouches. Aussi, je ne pus en apercevoir aucun.

 

Au détour d'une coursive, j'entendis un pas sonnant. Un adulte venait en ma direction. Je me retournais et aperçus un alien serviteur. Il avait débarrassé la table des généticiens ombrageux. Il entra aux cuisines avec un petit chariot, son visage était bien triste alors. Il arborait d'étranges filaments blancs qui couraient sur son crâne. Ses yeux noirs brillaient intensément malgré tout. Il me plut aussitôt.

 

  • Honoré de vous voir, dis-je à l'alien qui en parut stupéfait. Vos plats sont excellents. Voici quelques beignets qui vous reviennent pour votre travail méritant, ainsi qu'aux jeunes qui se trouvent en cuisine. Cela mettra peut-être un peu de joie en leur journée.

 

Stupéfait, le grand alien prit les beignets intacts sans y croire, lui qui devait se contenter de reliefs. Il s'inclina en me remerciant.

 

Je tournais à une coursive et perçus des petits cris joyeux. Visiblement les petits clones étaient ravis. Eux aussi, ils allaient pouvoir manger un peu plus à leur faim.

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes : 

 

 

 

Publié dans Messages

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