L'apprentissage des petits aliens (13/14)

Publié le par Aurélia LEDOUX

L'apprentissage des petits aliens (13/14)

Message du Professeur Zolmirel

 

Me voici en ce jour radieux pour un nouveau message.

 

Je suis votre ami à tous, même si je viens d'un monde lointain, mon intérêt, mon amour pour la Terre et ses habitants est très grand.

 

Je poursuis mon récit, sur ce qui était arrivé à Nerti et Zilner, lors de leur découverte dans le grand centre d'apprentissage.

 

Ils étaient revenus chez nous, pour un temps, pour nous confier leurs doutes, également leurs aspirations. Vint pour eux le moment de retourner dans ce vaste lieu.

 

Cette fois, les enfants devaient y aller seuls. Et, ce matin là, avec une émotion particulière au cœur, Amoni, Zilmis et moi-même, les avons salués par la voie de l'esprit. Zilmis et moi-même nous trouvions alors en un lieu béni, irradié d'une très grande lumière blanche, qui colorait et magnifiait toute chose. Nous étions loin de nos compagnons, mais par l'esprit, pouvions savoir ce qui arrivait à notre famille, presque « en direct ».

 

Le sage Amoni dut emmener ses fils de bon matin sur une aire d'envol, pour qu'ils retournent au Centre des Hautes Connaissances. Orel et Dorian leurs avaient déjà fait leurs adieux dans notre petite demeure.

 

Nerti et Zilner étaient très attristés de quitter le cocon familial, mais en même temps, impatients de retourner à l'institut, où ils s'étaient fait de nouveaux amis, et où de nouvelles découvertes les attendaient.

 

En plus de cela, il y avait bien sûr ce lien télépathique brillant qui s'était mis peu à peu en place avec leur père, le guérisseur Amoni. Mon ami put ainsi les retrouver par la voie de l'esprit. Il me fit partager ces moments exceptionnels, très forts pour ses deux fils.

 

Voici sa pensée, intacte après des années.

 

 

Le petit transport volait au loin, perdu dans la verdure, un androïde posé dirigeait le petit navire. Pour l'instant, les enfants étaient seuls en sa compagnie. Zilner essuyait de grosses larmes sur son visage.

 

Une image apparut, elle était absolument superbe. Le ciel bleu pâle, plus vif et brillant en cette heure, voilé d'or au niveau de la verdure, sous l'effet du soleil qui se levait, surmontait une jungle en pleine santé, qui commençait à s'éveiller. Il s'agissait d'une très belle journée en perspective.

Nerti réconforta son jeune frère, qui finit par essuyer ses yeux.

 

Le vaisseau prit de l'altitude et grimpa au dessus de la brume, très haut dans la montagne. Il monta encore, et alors, juste à la limite des nuages, une vaste esplanade toute blanche transparut.

 

Au niveau du sol, une grande silhouette immobile attendait. Le petit vaisseau s'immobilisa et Zilner salua l'androïde de manière très démonstrative.

  • Merci, tu es un très bon pilote, lui dit-il.

     

L'être de métal, comblé de ces paroles, eut l'air parfaitement ravi. Le robot descendit du vaisseau, et un petit alien prit place aux commandes, puis, le petit vaisseau magnétique accueillit cinq voyageurs et fila au dessus de la jungle.

 

Le professeur Zablinsk attendait les enfants. Ils se précipitèrent à sa rencontre, le grand androïde les escortait.

 

- Vous voilà, quel bonheur ! Ce vol était inattendu, n'est ce pas ? Nous ne sommes pas censés faire voler des robots au dessus de la jungle, mais Estort est très spécial, dit-il. Il lui arrive de remplacer les pilotes lorsque ceux-ci sont indisponibles. Il est d'une intelligence, d'une prévenance absolue. Pour des raisons de sécurité, ces vols sont surveillés et ne s'effectuent que sur de petits vaisseaux magnétiques, dit-il en montrant une salle où des ingénieurs installés devant des consoles discutaient entre eux.

 

 

Estort les salua, il entra dans la salle pour aller les retrouver.

  • Quel était le sujet de cette expérience ? demanda Nerti au professeur.

  • Savoir si les androïdes sont sensibles à la beauté des paysages. C'est un premier pas pour leur conscientisation parfaite et leur intégration future de corpuscules de lumière. Nous avons découvert qu'ils sont l'expression de l'intelligence du cristal, à un niveau très élevé, bien sûr. Comme pour nous et tout notre monde, une partie des plus nobles d'entre eux s'éthérise. C'est une étape passionnante.

     

Les enfants suivirent leur mentor. Il les attendit près des dortoirs, où se trouvait leur chambre afin qu'ils posent leurs affaires. Puis, il les mena vers une nouvelle aile du bâtiment, cinq étages plus haut, ils découvrirent une pièce extraordinaire, toute tapissée de livres.

  • Nous y voilà, annonça t-il avec un large sourire. Point de cours aujourd'hui, juste de la lecture. Allez y mes chers enfants, vous pouvez lire tous les ouvrages de votre choix. N'oubliez pas d'aller vous restaurer quand il sera temps. Demain, nous parlerons des livres que vous aurez trouvé intéressants avec les autres enfants.

 

Nerti et Zilner ouvrirent de grands yeux émerveillés. Il étaient tous deux des lecteurs assidus, ce lieu semblait tout droit sorti d'un rêve. Les murs en étaient bleu océan, vert d'eau, jaune pâle, couverts de peintures florales ou représentant des animaux fantastiques, des vaisseaux, et aussi des décors stellaires.

 

On voyait de nombreux aliens installés dans des fauteuils, ou devant des tables, en train de lire, d'écrire et de feuilleter de lourds volumes. L'endroit respirait l'évasion, le bien être, cette passion de l'étude qui prend très tôt les plus jeunes aliens, pour les emmener en des eaux nouvelles de découverte infinie.

 

Nerti et Zilner s'installèrent l'un près de l'autre et le temps s'incurva étrangement en ce jour merveilleux. Nerti choisit des volumes ayant trait à des récits stellaires sur des planètes particulièrement périlleuses, et Zilner, lui, prit un ouvrage relatant la merveilleuse aventure d'une alien un peu fantasque, qui œuvrait à créer un vaisseau spatial, à partir de pièces récupérées dans une fonderie.

 

Nous étions heureux, bien sûr, Amoni et moi-même que les enfants passent de si bons moments. Cette faculté qu'ils avaient de choisir exactement ce qui leur correspondait, était connue des professeurs qui encourageaient la découverte, l'étude directe par les enfants des domaines qui leur tenaient à cœur. Après tout, le professeur Zablinsk était membre du comité spatial, qui formait les meilleurs pilotes en orchestrant les missions avec le concours des très grands anciens.

 

Lors de nos récentes et toutes dernières missions, le petit Zilner s'était illustré de façon remarquable, afin de faire reverdir une planète sépulcrale. Un tel potentiel n'était pas passé inaperçu, et les meilleurs astronomes officiaient dans le centre.

 

Le matin suivant, Zilner fut invité à se rendre dans la grande salle d'astronomie. Un grand alien plutôt âgé, et fort calme se tenait auprès d'un instrument, un Kolal. Il était encore tôt et les étoiles commençaient seulement à s'effacer. D'autres professeurs conversaient auprès d'eux, chacun observant avec un étudiant. Zilner salua le vénérable alien avec émotion. C'était un vrai astronome !

 

  • Je me nomme Xaris, se présenta t-il. Quels astres veux-tu observer en ce jour, mon enfant ? demanda le sage.

  • Je souhaiterai voir de près les cratères de nos deux lunes, elles sont encore visibles, fit-il timidement.

  • Excellent choix, fit l'alien avec un large sourire. A toi de diriger l'instrument dessus.

 

Zilner agit sur différents boutons de pointage avec précision, il parvint à centrer le télescope au bout de la deuxième tentative. L'instrument comportait un mécanisme d'horlogerie pas à pas, réglé pour suivre le mouvement apparent des astres dans le ciel, comme cela se fait sur votre monde.

 

Le professeur ne dit mot, le laissant admirer les cratères avec émerveillement. Xaris prit quelques clichés avec un sondoscope relié à un écran. (un sondoscope est ordinairement un détecteur, ici une cellule numérique rétinienne, reliée à une mémoire, puis un écran) Dessus, s'y trouvait affichée une carte extraordinaire, montrant les cratères de la petite lune, ses chaînes de montagnes et aussi, des lacs de glace ou de lave ancienne pétrifiée.

 

Zilner, fou de joie, fixa l'être vénérable.

  • C'est magnifique ! J'ai l'impression de voler au dessus de sa surface ! Voilà un instrument merveilleux. Vous êtes très chanceux de vous trouver en pareil lieu.

  • Il est vrai que je ne le quitte pas beaucoup. Veux-tu me montrer les cartes que tu as dessinées ? demanda l'alien.

     

Zilner, un peu intimidé, chercha dans son sac et finit par exhiber des cartes spatiales représentant différents quadrants et différentes projections. On y voyait notamment une carte, indiquant avec précision la route stellaire qu'ils avaient suivi lors de leur dernier voyage avec Erazel.

 

  • Tu as vu ce qu'aucun explorateur n'avait vu avant toi. Vous êtes passés par des voies inexplorées mon enfant. Voici des représentations de très bonne qualité. Tu devais être bien ému lors de ce voyage.

  • Oui, j'avais très peur, confirma Zilner. Il y avait certaines zones très dangereuses. Et autrefois …

  • Oui ? s'enquit l'alien pour l'encourager à continuer.

  • Je suis, le survivant d'un crash... un navire Denakh.

  • Je suis au courant, fit le professeur. J'ai moi-même d'excellents amis Denakhs, et je comprends ce que tu peux ressentir. Ce passé sera toujours là en toi, il fait aussi ta plus grande force. Ton peuple est un grand peuple. Je suis là pour répondre à toutes tes questions sur la belle Thamnoth. C'est un monde passionnant que j'étudie avec le plus grand soin.

  • Il s'agit d'une planète située dans une autre galaxie, vraiment très loin, hésita le petit alien.

  • En effet. Veux-tu la voir ?

 

Plutôt ému, Zilner eut un sourire incrédule. Il découvrit sur un écran une vaste ellipse mouchetée d'étoiles, finement veinée de bleu et de rose pâle : la galaxie de son monde natal.

  • Voici ce que nous montrent les instruments, ils sont au maximum de leur puissance, après tout, cette galaxie est située à 727 millions d'années lumière, il faut beaucoup de finesse, pour capter ce minuscule flux de photons qui jaillit de ce lieu. Et voici la belle entre les belles...

 

Zilner découvrit une image de sa planète de près, pour la première fois. Elle était couverte de profonds cratères brunâtres, gris ou noirs, un ensemble impressionnant de hautes montagnes acérées pointait vers le ciel. Par endroits, des pics sombres parsemés de blanc ou des guyots isolés, faisaient penser à quelque lointaine cité en ruines. Les villes, il le savait, n'étaient plus que souterraines, mais une question demeurait en lui.

 

  • Comment avez-vous donc eu cette image ? Le voyage est si long pour aller jusque là, il faudrait près d'un siècle pour y parvenir !

  • Ah, cette image a été léguée, vois-tu. Depuis des millénaires, les aliens Denakhs se la transmettent de génération en génération. Elle est sacrée.

  • Cela veut dire que la planète a peut-être bien changé maintenant. Peut-être les savants Gzokis ont-ils trouvé un moyen de réaliser des semis en surface ?

  • Tu es bien observateur et très intelligent. Je le souhaite de tout mon cœur, mon enfant, fit le sage avec bonté.

 

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