La vie sur Vénus (2/2)

Publié le par Aurélia LEDOUX

La vie sur Vénus (2/2)

Message d'Ulphéniel (suite et fin)

 

Cela vous dirait-il de faire un petit tour ? propose Clarence.

 

Nous acceptons avec joie et escaladons une échelle. Je découvre avec stupeur, un intérieur douillet pourvu de fauteuils moelleux. Cela fait presque penser à un croiseur orbital, mais ici, il existe en plus des écrans sur les côtés.

 

Clarence entre dans un état de détente absolu, et l'engin émet des sons clairs agréables.

 

 

- Qu'allons-nous faire ? demande Ulphéniel.

- Il nous faut aller arroser la portion du champ plus éloignée de la rivière, expose-t-il.

 

L'engin s'élève en douceur avec une merveilleuse fluidité. On entend un sifflement à peine audible. Il sort du hangar et s'envole dans l'air chargé de senteurs. Puis, il plane à environ 20 mètres de hauteur, et arrose les plantations en des gouttelettes très fines. Une petite brise entre dans l'engin par l'une des fenêtres ouvertes. Une agréable odeur monte, comme celle de la végétation fraîchement arrosée par la pluie.

 

  • Cet engin est tellement merveilleux, que les ingénieurs ont conçu un système déflecteur pour protéger les petits animaux volants. Ils sont repoussés légèrement. À cette dimension vit une quantité d'insectes modérée. Nous les laissons manger les cultures, car ils causent fort peu de dégâts. Ils sont très différents des animaux envahissants qui siègent en la dimension inférieure.

  • Nous volons ainsi depuis pas mal de temps, et je m'étonne expose Ulphéniel. Les réserves d'eau de ce bâtiment sont-elles infinies ? demande-t-il en riant.

  • La machine est reliée à une source d'eau très pure.

  • Je ne vois nul tuyau, répond Ulphéniel.

  • Oh c'est très simple, c'est qu'il n'y en pas pas besoin, dit-il en riant. Un tuyau serait compliqué à déployer, cela ne garantit pas un arrosage homogène. Avec les mouvement de l'engin, cela pourrait endommager les plantations. Les ingénieurs arrivent à relier un point A à un point B sans tuyau de nos jours. Cela est possible pour l'eau, les matières non dangereuses. Les pompes envoient le liquide directement dans la citerne du vaisseau. Et lorsque j'abaisse cette commande, cela s'interrompt.

 

Il nous montre un engin voisin qui agit dans un autre champ. On voit une sorte de moissonneuse flottante, qui cueille des légumes mûrs à point. L'engin est surmonté d'une grande cuve, avec des piles de légumes de plus de trois mètres de haut. Le contenu en disparaît mystérieusement à intervalles réguliers.

 

  • Voici là une invention qui évite bien des manipulations ! s'extasie Ulphéniel.

  • Oui, c'est très agréable à utiliser. Il faut à peine quelques heures pour récolter plusieurs champs. Le temps qui nous est imparti, nous pouvons le consacrer à bien d'autres activités, comme nous amuser avec nos enfants. Il est important de profiter de son entourage, et de se détendre. C'est pourquoi les cultivateurs et les éleveurs de la Terre forcent notre admiration. Ils sont tellement travailleurs ! Votre monde est un exemple de courage, de mérite, pour bien d'autres. Nous nous y intéressons beaucoup, car vous nous permettez de nous relier à nos ancêtres. Eux aussi ont dû déployer un courage bien grand.

 

Nous revenons ensuite vers le grand hangar. Le fermier descend, et là, deux enfants l'étreignent. Ensemble, ils purgent le système d'arrosage, et ouvrent la cuve pour qu'elle sèche.

 

Nous revenons vers la maison, où j'ai le privilège d'entrer. L'intérieur est blanc, comme peint à la chaux, avec des dessins, des frises colorées sur les murs. On a suspendu de beaux éclairages chaleureux sous les poutres. Les adultes jouent à des jeux de construction avec les plus jeunes. L'ambiance est très allègre. D'autres Vénusiens sont assis et discutent en jouant de la musique. Certains font d'autres jeux de société ou apportent des boissons. La pièce comprend un grand nombre de sièges et de sofas moelleux. Il existe une vaisselle magnifique, avec des peintures exceptionnelles.

 

Clarence nous fait entrer en un atelier, pour nous montrer son autre passion, qui est la poterie. Il nous présente des séries de pots de fleurs vernissés, des pièces qui ressemblent à du grès émaillé, des vases délicats et de la vaisselle. Tout est d'un raffinement extrême. Beaucoup de soucoupes et de tasses sont décorés avec des portraits d'enfants. Chose amusante, Clarence a aussi représenté des familles d'aliens et de lézards.

 

  • Ce sont nos amis dit-il. Ils ont tous une place dans nos cœurs. Vénus accueille une importante délégation d'aliens en cours d'éclairement. Ils veulent en finir avec leurs civilisations minières ou celles fondées sur le régime des castes. En venant chez nous, nous leur montrons qu'une société harmonieuse est possible.

 

Il montre une photo extraordinaire. On y voit une ville de Vénus. Des petits immeubles clairs garnis d'échoppes sont visibles, avec des plantes vertes tout autour, ainsi que sur les balcons. Les habitants déambulent gaiement. Au milieu des plus grandes rues, un espace est délimité, pour permettre la circulation de petits transports qui flottent au dessus du sol.

 

  • Les nôtres ont compris que l'élément végétal est très important dans les villes. Il permet que tous se sentent bien, en harmonie. Il donne aussi beaucoup de fraîcheur et permet de régénérer l'atmosphère. Cela apaise aussi beaucoup les esprits, garantissant une communication plus fluide entre les êtres.

 

Nous revenons vers le séjour. Ce message a été intense, encore une fois. Je remercie et salue tous les Vénusiens. Ils font de grands signes amicaux de la main.

 

La scène s'éloigne lentement, je vers quelques larmes de joie, car ils sont tous très attachants.

 

Nous nous reverrons très bientôt, assure Ulphéniel. Merci beaucoup à tous ceux qui liront ce message. Nous sommes ravis que vous ayez de l'intérêt pour notre monde !

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes : 

 

Publié dans Messages

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P
Quel merveilleux moment. Merci.<br /> Tout est évidences et cohérences dans cette vie sur Vénus. Et encore une fois, on constate que "le monde autour de soi, c'est soi." C'est à dire l'état 'esprit dans lequel l'humain se trouve. Cette vie paisible est possible parce que l'état d'esprit des vénusiens est justement cette vie-là : joyeuse, lumineuse, aimante...<br /> Peut-être les terriens comprendront-ils cela un jour.<br /> En tout cas, merci Aurélia, cela fait un bien fou de savoir que c'est possible.
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