Le voyage spatial vers la Terre

Publié le par Aurélia LEDOUX

Le voyage spatial vers la Terre

Message du guérisseur Lestrys

Comment je suis arrivé sur Terre,

« Tu te poses beaucoup, beaucoup de questions sur le voyage spatial !

 

Et comme je suis heureux d’y répondre !

Me voici, votre ami à tous, le guérisseur Lestrys

 

Oui, je suis un alien et j’ai voyagé, d’un point à un autre de l’espace, en un temps record.

Il en est bien ainsi.

 

Lorsque nous devons partir en voyage, nous réunissons tous nos manuscrits, feuillets, documents et livres. Nous emportons de nombreux instruments d’étude, microscopes, tomodensitomètres, visualiseurs et sondoscopes. Un visualiseur permet de montrer l’intérieur d’un organisme vivant sans le déranger et un sondoscope est un ordinateur complexe qui calcule les probabilités, analyse des ondes et fait beaucoup d’autres choses.

 

Tout cela nous permet d’étudier la vie et une telle étude, nous porte au sommet de notre état vibratoire.

 

Un voyage n’est jamais ordinaire. Même s’il arrive que certains ne reviennent pas.

 

Oui, mais à présent, les couloirs de navigation ont été soigneusement répertoriés.

Sur ma planète, ces couloirs étaient fort peu connus.

 

Mais depuis que l’alliance de notre peuple a été prononcée et acceptée par les Galactiques, notre science a fait un grand bond en avant.

 

Lors de mon voyage vers la Terre, je travaillais au départ dans une base minière sur une station stellaire équipée d’un laboratoire. J’ai travaillé toute ma vie dans de telles bases, ou à bord de vaisseaux, plus rarement sur des astéroïdes ou des planètes.

 

Nous devions effectuer un voyage vers la Terre, en vue de rallier une cité obscure, une étape très ordinaire dans la vie d’un généticien.

 

Je venais d’être promu au rang de maître généticien. Ce qui veut dire que je pouvais diriger des expériences.

 

Tout cela m’a plongé dans un mélange de très vive excitation et de peur.

 

Je devais aller atterrir sur une planète. C’était assez déconcertant. Je craignais de ne pas m’adapter à la gravité, au souffle vital de la planète.

 

Je me suis embarqué avec mes plus proches collaborateurs, pour ce voyage, qui devait durer environ cinq mois.

 

Un assez long voyage, mais passionnant.

 

Le vaisseau était là, tout de métal, éclairé de lueurs mauves et argent. Une partie était noire, celle qui soutenait la structure, en bas des blindages en astrocéramique. L’astrocéramique blanche est composée de titanium-ultra, un métal modifié très résistant, inséré dans une matrice cristalline de silicium pour renforcer sa solidité. Elle compose les blindages des navires, et elle est parcourue d’un champ de cohérence énergétique

 

Ce vaisseau était assez grand, environ 800 de vos mètres. C’était une solide forteresse majestueuse, et elle ne devait embarquer que des savants vers des destinations lointaines.

 

Le voyage a commencé par des présentations avec les différents membres de mon équipe. Il y avait là des dames aliens très raffinées et l’une d’entre elles maîtrisait parfaitement le pilotage. Elle se plaisait à nous parler de ses voyages. C’était une grande joie pour moi de l’entendre.

 

Nous avons ensuite embarqué, sur une passerelle métallique très ordinaire, au large d’un astéroïde. Le vaisseau était arrimé à une station d’appontement. On voyait quelques brumes entourer les réacteurs en cours de préparation.

 

Oui, c’était un fascinant spectacle. Et l’alien que j’étais à cette époque aurait dû s’en émouvoir bien plus.

 

Nous sommes entrés dans la chaude atmosphère ionisée du vaisseau. L’éclairage était doré, là nous avons pu quitter nos vestes et relâcher la pression du dispositif  qui faisait écran autour de nos habits.

 

Il vous faut savoir que nous pouvons, en cas de besoin, générer une sorte de protection, de champ, qui nous permet d’être abrités du vide spatial durant quelques instants, lorsque nous passons d’une atmosphère pressurisée à un vaisseau.

 

Cela se fait pour les escales brèves et rend inutile l’emploi d’un scaphandre. Sur les astéroïdes la pression est très proche du vide, mais dans les laboratoires, elle est plus dense et il y fait bien chaud. Les miens utilisent ce système pour se protéger.

 

Nous sommes donc entrés dans ce vaisseau confortable. Les couloirs étaient de métal peint jaune pâle et bien éclairés, mais très étroits près de la porte. Nous avons croisé des séries d’équipes de petits clones soumis, très nerveux, qui effectuaient les dernières vérifications.

 

Un valet se chargeait de nos bagages nombreux avec un chariot à répulsion. Ensuite, nous avons été menés à notre laboratoire, par un officier chargé de guider les voyageurs.

 

Tout le temps de notre voyage, nous devions travailler à une longue étude de l’ADN. Oui, et cela fut très agréable.

 

La pièce qui nous avait été allouée était claire et spacieuse. Nous avons rangé nos quelques effets, puis avons gagné nos cabines respectives. La mienne était la seule à plonger sur l’espace, par une minuscule fenêtre. Je pouvais donc admirer le spectacle de l’espace.

 

Je rejoignis mes compagnons, notre équipe comportait de tous jeunes généticiens, notamment cette alien à la conversation très agréable. Eux voulaient assister au décollage.

 

Je les ai donc suivis, un petit serviteur nous a escortés dans un salon garni de fauteuils près des hublots et on nous a servi des boissons délicieuses. Nous avons conversé avec entrain, jusqu’à ce que résonnent les signaux liés au départ, soient des séries de bips puis une longue sonnerie. Nous avons été nous installer dans des sièges placés de manière presque allongée, les jambes vers le plafond. Il y a eu des longs sifflements, ceux des systèmes de pressurisation, puis les réacteurs ont démarré. Il y a eu un grondement formidable qui s’est propagé à toute la structure. Le vaisseau s’est mis à grincer de plus en plus fort.

 

Il nous a été impérieusement ordonné de nous attacher à nos fauteuils. Ce que chacun de nous fit. Il y a eu une poussée fantastique qui nous a littéralement écrasés. Puis, le vaisseau a quitté l’orbite de l’astéroïde, s’arrachant à sa faible gravité.

 

Cette accélération, en vitesse de phase, a été suivie de deux autres poussées, avec des vecteurs de translation dimensionnelle toujours plus grands. Cela, je dois dire, n’est pas très agréable, et guère confortable pour un jeune qui n’a pas l’habitude.

Les poussées premières ont duré plus d’une demie heure, pourrais-je dire. Mais ces épreuves pour notre corps, étaient mêlées d’une immense euphorie, celle que cause le voyage spatial, la grande aventure.

 

Ceux des jeunes qui avaient bu des boissons d’apaisement ont bien fait. Mais ils ont quand même été pris de malaises affreux.

 

Le dernier vecteur de translation dimensionnelle approchait. Ma vision s’est mise à devenir double, il y avait une pression intense au niveau de mes tempes, puis, mon corps s’est agréablement détendu. Nous étions passés !!!

 

Je me suis levé de mon siège, en même temps que mes compagnons.

Un jeune alien était inerte. Il avait subi une sorte d’épanchement interne, chose qui arrive parfois. Des soigneurs sont arrivés et se sont chargés de lui. Nous nous inquiétions de sa guérison, mais les soigneurs nous ont rassurés, rien de grave, ont-ils expliqué.

 

Cela était du à la pression. Nous avons alors du regagner nos cabines, nous souhaitions mettre à profit le début de ce voyage pour étudier, mais notre fatigue était bien grande.

 

Nous avons dormi, presque deux jours, et ces deux jours ont été suivis d’autres vecteurs d’accélération, toujours assez intenses. Chaque poussée était précédée d’une sonnerie et d’un signal télépathique, diffusé dans les galeries du vaste navire, pour que chacun ait le temps de s’attacher à un siège. Mais durant le sommeil, le corps des nôtres résiste bien mieux aux poussées lumière.

 

Peu après de telles épreuves, nous nous sommes réveillés, frais et dispos. Un valet aimable s’est présenté à nous pour savoir si tout le monde allait bien. Il revenait avec notre jeune ami, fraichement guéri de son épanchement.

 

Nous étions très heureux de le revoir, alors, nous avons organisé un joyeux repas, suivi de longues discussions métaphysiques sur le voyage spatial. Ensuite, notre conversation a dérivé sur nos recherches et bien sûr, nous avons aussitôt commencé notre travail par une séance d’observations au microscope.

 

Nous avons travaillé, durant des jours et des jours, dans une ambiance chaleureuse. J’étais absolument ravi de la brillance de mes compagnons. Certains professeurs étaient peu portés sur la plaisanterie, mais leur esprit recelait d’immenses connaissances.

 

Ceci dura un certain temps, jusqu’à ce que la jeune dame qui nous accompagne, ainsi qu’un valet fort curieux, aient envie de visiter le vaisseau pour se changer les idées.

 

J’ai été le seul à vouloir les suivre, avec le petit Stency qui ne quittait guère mes pas. La proximité du petit laborantin agaçait quelque peu mes supérieurs, mais il en était ainsi. J’appréciais de plus en plus mon petit compagnon. Et lui voyait en moi un protecteur face à la brusquerie des vieux généticiens.

 

Nous nous sommes aventurés dans les coursives bleutées du vaisseau. L’éclairage était réduit à son minimum, car il s’agissait de l’heure du soir.

 

De nombreux astronomes étaient postés dans le grand hall, face à la baie vitrée, révélant les arches stellaires, accompagnés de photographes. De telles arches sont formées de la barrière de poussière colorée des bras galactiques, et comme il est agréable de photographier ces voiles.

 

Quand on se trouve dans le supra, très souvent, ces formations que l’on entrevoit à l’état stable, prennent une toute autre allure en fonction de la vitesse.

 

Et là, le spectacle était confondant. Le vaisseau sinuait dans le couloir et des bras de matière interstellaire formaient comme autant de pinacles, de corolles, de saillies et de fractales où se perdait le regard.

 

Le petit Stency était très impressionné de cette vision.

Nous avons décidé d’un commun accord de visiter la salle des machines.

 

Celle-ci était visitable seulement à certaines heures, en compagnie d’un guide, car l’on pouvait se perdre dans les galeries, même pour un alien.

 

Un jeune valet courtois apparut bientôt et nous pria de le suivre. Nous sommes descendus sous le bastion inférieur de la partie arrière du navire, entre les deux réacteurs géants en activité. Le valet nous a d’abord fait visiter la salle de phase, où des premiers et des valets contrôlaient la réaction de l’hydrogène et le phasage des réacteurs.

 

Le phasage permet d’équilibrer les poussées des différents moyens de propulsion. Les réacteurs à fusion lente étaient ceux employés par notre peuple. Ici, il s’agit de la fusion d’un plasma d’hydrogène en hélium, avec récupération d’ions d’hydrogène lourd. De tels ions sont précipités dans un collecteur de particules et servent à créer un vortex photonique d’accélération. Plus il y a d’ions, plus la vitesse du navire est optimale.

 

Cette réaction est couplée à une décorrélation, c’est-à-dire que le navire ne pèse plus sur la trame de l’espace-temps. Il est entouré d’un générateur antigravitationnel, qui lui permet d’opérer une translation dimensionnelle éprouvée.

 

A partir de cette translation, la vitesse du bâtiment déjà considérable, devient une poussée lumière, le vaisseau peut ainsi croiser à plus de facteur 200 ou 300. Soit 200 à 300 000 fois la vitesse de la lumière en vitesse de croisière.

 

Oui, un tel vaisseau peut aisément franchir des amas de galaxies, il est vraiment très rapide.

 

Nous avons admiré de loin par une vitre réduite, la salle de phasage des réacteurs, où les techniciens et les génies chargés du contrôle de la réaction étaient très concentrés.

 

En dessous, se trouvaient les cuves à plasma, avec des dispositifs de surveillance. Des petits clones mécaniciens étaient assis sagement près des cadrans et devisaient entre eux, en attendant que l’on ait besoin de leur intervention.

Les cuves étaient vraiment immenses, plusieurs centaines de mètres chacune. Un vaste cadran jaune d’or brillait au dessus, indiquant une réaction optimale.

 

Oui, c’était un très grand navire. Notre guide nous a fait descendre près des cuves, pour nous montrer l’efficacité du système de refroidissement. Il nous expliquait que régulièrement, des débris de roche et de glace spatiale bouchaient les collecteurs, chargés d’alimenter le vaisseau en ions d’hydrogène lourds.

 

En effet de tels ions voguent dans le vide stellaire et ils permettent au vaisseau d’accumuler une vitesse extraordinaire, s’ils sont injectés en petite quantité dans les réacteurs.

 

Le vaisseau comportait également des réserves d’eau et de méthane, indispensables à l’activité à bord. De telles réserves étaient autogènes.

 

Notre visite se poursuivit par celle de la chaufferie, un ensemble d’installations sous haute surveillance. En effet, tout le chauffage du vaisseau venait de la réaction. Une telle réaction de fusion lente, (proche de la fusion froide) produisait parfois une faible radioactivité, et les particules radioactives d’hydrogène lourd étaient aussitôt réinjectées dans les réacteurs servant à leur inertion. L’inertion de particules, vise à les stabiliser par un apport conséquent de neutrons ou de protons. Ces particules sont ensuite soit retransformées en combustible, ou soit en eau.

Il en est ainsi, car la radioactivité est considérée comme une transgression, et aussi une énergie dommageable pour la vie. Elle est assimilée à une grande perte d’énergie, aussi les génies mettent au point des équipements qui en sont absolument dénués, d’entretien aisé et sécurisé, avec de nombreux filtres.

 

 

 

Toute réaction parfaite reposait sur un cercle, et la propulsion de ce vaisseau, nous expliquait notre guide, était donc un cercle parfait.  

 

Le vaisseau ne laissait dans son sillage que des trainées de photons.

 

Les techniciens officiant à la chaufferie, étaient tous des androïdes, contrôlés par des valets et des clones. Il en était ainsi en raison du risque de brûlures lors des réparations.

Les robots ressemblaient à des aliens en métal cuivré, ils étaient dociles et efficaces. Chaque robot possédait une démarche un peu saccadée qui lui était propre, et chacun possédait des différences subtiles. Les robots répondaient parfois à un prénom, que choisissaient les clones.

 

Notre visite s’acheva et nous nous sommes empressés de retourner à notre laboratoire, soulagés d’échapper à la chaleur très vive de la chaufferie. Nous étions ravis de cette incursion.

 

Quelques jours plus tard, de même qu’il nous avait été donné de visiter les galeries de maintenance, nous avons accueilli des visiteurs en notre laboratoire.

 

Il en est toujours ainsi, même si nous pouvons paraître froids, nous aimons à échanger des données scientifiques et discuter longuement.

 

Les visiteurs se sont montrés ravis des photos que nous avions pu prendre, d’organismes microscopiques, et de formes de vies à l’aise dans le vide et la glace stellaire, que nous avions détectées.  Si nous nous attendions à cela !

 

Il s’est ensuivi un heureux échange, il y avait bien des botanistes lors de cette visite et des paléontologues.

 

Déjà cinq mois que nous étions à bord, et nous approchions de la Terre. Eh oui !

 

Nous avons remballé notre équipement et sommes montés dans un vaisseau plus petit. Le jeune Stency était terrifié du spectacle des piliers et des arches stellaires. Il a fallu lui bander les yeux.

 

Nous sommes entrés en trajectoire d’injection près de votre système solaire, puis, notre vaisseau a rétrocédé à une vitesse folle, ce qui nous a occasionné d’intenses malaises, même aux plus expérimentés. Nous avons franchi plusieurs champs d’énergie et nous sommes approchés de votre monde, la Terre, un berceau de bleu et de nacre, entouré d’un vif éclat éblouissant. Nous pouvions à peine la regarder. Le vaisseau a plongé entre les nuages et a traversé littéralement l’atmosphère, puis il est entré en trajectoire de décélération à travers un puits de dégravitation, ménagé à travers la croûte terrestre.

 

Il y eut d’intenses heurts, enfin, le vaisseau s’est immobilisé, nous nous trouvions en un hangar bien éclairé avec de beaux parements pourpres sur les murs.

 

Une délégation de savants approchait pour nous réserver un gracieux accueil.

Je m’empressais de retirer le bandeau du petit Stency, encore très éprouvé de notre traversée. Le pauvre tremblait de peur et tenait à peine sur ses jambes. J’ai du le porter.

Saisi de spasmes, le plus ancien de notre groupe renonça à formuler quelque commentaire sarcastique.

 

On nous mena vers les laboratoires. Un valet aimable se proposa d’apporter des boissons revigorantes pour ceux qui avaient subi des malaises lors de la traversée.

 

Nous avons tous accepté avec plaisir. Le valet reparut bientôt, et nous avons réalisé qu’il s’agissait d’une gracieuse dame alien.

 

Nous avons tous bu et cette aimable apparition versa même une boisson pour mon petit. Je n’ai pas oublié ce geste, qui est combien rare.

 

 

Notre voyage étant achevé, nous nous sommes endormis en peu de temps. Soulagés de retrouver une ambiance de travail qui nous était chère.

 

J’ai été fort ravi de relater ce long voyage. Je m’en vais en vous souhaitant une heureuse journée, aimables amis de la Terre, »

 

Le Guérisseur Lestrys

 

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