Dans les ovnis (2/2)

Publié le par Aurélia LEDOUX

Dans les ovnis (2/2)

Message d'Ektazzo (suite)

 

 

Notre échappée dans l'espace se révéla une longue aventure de plusieurs mois. Les enfants réparaient habilement les circuits de refroidissement, les armoires de câblage, et je les y aidais, en manœuvrant de lourdes pièces, à la surprise et au déplaisir de mes homologues, qui s'étonnaient que je veuille passer plus de temps en leur compagnie, en salle de maintenance.

 

C'était un travail souvent pénible, il fallait fermer des vannes d'eau, de gaz, les dépressuriser, découper des tuyaux fendus, les déposer, et en remettre des neufs, à la bonne section. Il fallait aussi réorchestrer des connexions dans des armoires comportant un immense fouillis de fils électriques, soigneusement numérotés et étiquetés. Les enfants étaient d'une habileté sans faille et je les aidais, dans ces couloirs sinistres et mal éclairés, peuplés de tuyaux multicolores. Nous étions constamment comme en un puits de mine ou une galerie de métro. Il nous fallait souvent bien nous nettoyer le visage, les mains et changer nos habits couverts de rouille ou de limaille, les laborantins ne tolérant pas la moindre tache lors de notre venue dans les locaux stérilisés.

 

Je pris goût à cette nouvelle vie, trouvant du réconfort à agir avec les enfants, eux m'offrant leurs connaissances sans limites, heureux de mon intérêt. J'étais à dire vrai absolument émerveillé de leurs capacités à lire un schéma, à décoder les cartes du vaste vaisseau de plus de deux kilomètres de long. Leur esprit abritait en son essence, des centaines de plans de gigantesques croiseurs. Les enfants avaient mémorisé l’emplacement de chaque circuit, de chaque boulon. Ils savaient tout du vaisseau et de son fonctionnement. Même s'ils ne pouvaient tout comprendre de la réaction du cristal, ni de la mise en route des réacteurs à fusion, et de la distorsion spatio-temporelle, ils comprenaient l'origine des pannes et anticipaient la moindre défaillance.

 

Nous étions devenus l'équipe la plus efficace qui soit, pour remédier à nombre d'incidents. Le superviseur me félicita, un peu malgré lui, de ma dévotion. Lors d'un début d'incendie et d'une fuite de gaz détectée et maîtrisée à temps, il ne tarit pas d'éloges sur notre vaillance.

 

La fuite avait été provoquée par une rupture au niveau de la déflexion latérale du navire. La barrière imparfaite du bouclier avait laissé passer un petit morceau de roc, et avait endommagé un conduit. Le gaz, en s'accumulant dans le couloir, avait déclenché les systèmes d'alarme. Ce faisant, il s'était enflammé. Il avait fallu évacuer les lieux, puis entrer avec des scaphandres pour combattre l'incendie, tandis qu'une deuxième équipe aspirait le gaz restant, qu'une troisième colmatait la brèche de la coque, alors que des petits mécaniciens réparaient le déflecteur en même temps.

 

Le superviseur nous tendit le rocher, responsable de toute l'avarie, afin que nous puissions le garder en souvenir, en témoignage de notre courage.

 

Peu après cet événement, il fallut remplacer de nombreuses tubulures, ainsi que des câbles et des relais de navigation. Ensuite, on nous donna l'ordre de nous rendre au niveau des fours, pour donner les pièces endommagées à l'équipe chargée du recyclage des composants.

 

Je fus surpris qu'une partie des composés ne puisse entrer dans le four. J'appris par la suite qu'ils allaient être revendus à des ferrailleurs de l'espace et qu'il s'agissait d'un commerce assez lucratif.

 

  • Les nôtres ne possédons pas la technologie alchimique pour démoléculariser certains composés. Eux le peuvent, il faut des fours ultra. Les matériaux de nos navires sont insensibles à la chaleur, ils doivent d'abord être désassemblés moléculairement, pour que leurs liaisons atomiques cèdent, expliqua un alien bavard près de la timonerie.

  • J'en suis tout étonné, répondis-je.

  • Oui, et vous n'êtes point le seul. Cela cause paraît-il pas mal de remue ménage sur certains mondes hôtes. Il y atterrit des pièces indestructibles qui ne sont pas censées se trouver là. Il se trouve aussi des visées technologiques qui menacent le long terme de nos accords. Il y a une volonté des locaux de s'approprier nos inventions, et donc, ils n'hésitent pas à déstabiliser nos nefs au moyen d'ondes longue portée et d'armes scalaires.

  • Cette planète dont vous parlez est la Terre ?

  • En effet, et ses dirigeants ne sont pas très coopératifs avec les autochtones, ils nous font passer pour des plaisantins déguisés, ou des hallucinations.

  • Mais nous sommes des êtres de science, tout comme eux ! répondis-je avec vigueur.

  • Oui, en effet, mais la Terre est un endroit très dangereux pour un petit alien. Les habitants ont une peur bleue des nôtres, qui est maintenue par des lavages de cerveau quotidiens. Croyez-moi il arrive des choses assez épouvantables à ceux qui débarquent là bas, ils n'en reviennent pas.

  • Dois-je comprendre que les membres de groupes paramilitaires multi étatiques sont intéressés par notre résistance à divers armements ?

  • Oui, en effet, fit l'alien âgé, et pas seulement. Ils nous considèrent presque comme une forme de non-vie, capable même de nous promener en des endroits très radioactifs.

     

J'en fus étonné, et méditais ces propos. C'était la vérité, les nôtres pouvions êtres exposés pendant un temps à des dommages tissulaires profonds, qui auraient tué instantanément les vôtres.

 

La radioactivité avait été très étudiée par les miens, mais nous en parlions peu, car elle avait été à l'origine d'un schisme majeur entre les chercheurs. La fission était une réaction nucléaire qui me semblait profondément contre nature, contrairement à la fusion, qui elle, possédait un potentiel énergétique presque infini.

 

Voici fort longtemps, beaucoup de génies s'étaient opposés à la fission de l'atome, considérant que cela induisait de très nombreux déchets et risquait de nuire très gravement à la pérennité des mondes.

 

Mais, plusieurs experts en charge de l'exploitation des planètes disaient qu'ils n'en avaient cure et qu'il suffisait d'abandonner ces déchets un peu partout dans l'univers, que le temps se chargerait d'eux. Cela avait fait souffler un vent de fureur dans les différentes communautés scientifiques. Une partie des nôtres commençait à prendre conscience que nous étions une forme de vie parasite, irrespectueuse des équilibres subtils, qui existaient pourtant depuis des éons. Une chose était sûre, la radioactivité devait rester sous la terre, sous les sols, et demeurer au stade naturel. La radiance d'un monde devait respecter la vie qu'il abritait.

 

Le schisme s'envenima, jusqu'à la Grande Transgression. Tous les bâtiments employant la fission nucléaire furent mis à l'arrêt ou abandonnés. Notre peuple ne possédait pas les connaissances suffisantes pour modifier ces transports. Alors, plusieurs mondes intéressés, se proposèrent de nous prendre nos déchets de plutonium et de corium, moyennant un prix très élevé. Mais cela ne se fit pas, et pour cette raison, notre peuple fut chassé de l'union galactique, que vous appelez Fédération des Mondes Libres ou Fédération Galactique.

 

Pour cette raison et pour tant d'autres, il y avait bien trop de souffrance qui jaillissait de nos mondes, de nos vaisseaux, de nos laboratoires. Notre peuple fit alliance avec des êtres reptiliens peu recommandables, encore plus belliqueux que les pires des nôtres, qui recherchaient avidement des richesses, des gisements, du pouvoir et de nouvelles planètes-esclaves.

 

Ces êtres ne se souciaient point de la barbarie, de la destruction, ils trouvaient cela normal. Ils réduisirent en esclavage plusieurs planètes peuplées de lézards, et en détruisirent certaines. Les habitants ne leur pardonnèrent point ce sacrilège, mais durent plier et se mettre à leur service.

 

Jusqu'au jour fort récent, où ils se révoltèrent. Et une révolte de lézards géants, cela cause quelque tapage. Cette révolution engendra quelques désagréments aux nôtres, stationnés dans ce quadrant, qui durent s'enfuir à toutes jambes, en refluant dans leurs vaisseaux avec la dernière énergie.

 

Pourtant, les lézards qui nous servaient demeurèrent fidèles, obéissant stoïquement à nos ordres. Je dus comprendre plus tard, qu'il ne s'agissait là que d'une apparence. Ces lézards étaient très grands, entre deux ou trois mètres, très athlétiques, et habités d'un bel esprit, malgré les dures besognes qu'ils accomplissaient. Les nôtres étant de nature plutôt frêle, c'étaient les lézards et les robots qui nous secondaient dans toutes nos activités nécessitant de porter des objets lourds.

 

Notre vaisseau, au bout de plusieurs mois de vol (environ quatre à six), approcha peu à peu de la Terre.

 

C'est alors, que me parvinrent subitement les formes pensées de nombre d'aliens que je n'avais encore jamais vus. Il y en avait tant ! Je perçus des êtres comme moi, d'autres, très avenants, auréolés de brillance, de lueurs inconnues très agréables.

 

Je perçus des zones d’exercice militaire, des cantonnements, avec de vastes tentes blanches rectangulaires, des entrepôts d'armes. Je perçus plus haut, d'autres vaisseaux, ceux des galactiques, qui surveillaient ces armes, ces munitions. Ensuite, je vis les montagnes, de la Terre, les Alpes, plus loin, les Carpates, puis les Pyrénées. Les montagnes étaient idéales pour cacher un vaisseau, et aspirer des Terriens sans méfiance à bord.

 

Mais je m'insurgeais, peu à peu, au fil de nos activités, comme je l'ai exposé déjà.

 

Je ne supportais plus cette souffrance que nous infligions aux vôtres, et indirectement, aux nôtres. Je vis en leur intérieur, en leur esprit, que certains d'entre eux avaient été les nôtres autrefois. Comment pouvions-nous agir de la sorte en obéissant aux ordres, en torturant sans le savoir nos enfants, nos descendants ? Vous étiez nos enfants. Notre peuple avait été hybridé avec le vôtre voici bien longtemps. Alors, nous revenions accomplir notre destin et la roue serait bouclée.

 

 

Je tressaillis, car au fil des mois, d'autres images me parvinrent, celles d'aliens mourants ou blessés, qui tentaient de fuir certaines zones de crash. Leur seule issue était de se fondre parmi les natifs. Car autrement, à chaque fois, les autorités militaires intervenaient, cachant ces visiteurs à la vue du monde, de votre monde. Il ne fallait surtout pas que votre peuple sache que d'autres formes de vie existaient, ni qu'il apprenne que vos dirigeants perfides vous avaient vendus, pour faire d'ignobles expériences génétiques et prendre vos cellules afin de vous donner une progéniture. Je vis des salles entières emplies de cobayes, mi hommes-mi aliens. Ces êtres étaient purs, au départ, et des penseurs malveillants voulaient y implanter des âmes sombres, malsaines, de créatures immondes, aux visées d'une noirceur sans nom. Ce plan échouait, des combats avaient lieu, des explosions effroyables vaporisaient des bâtiments entiers, dont il ne restait rien.

 

Les cuves abritant ces paisibles hybrides étaient transférées ailleurs, loin dans l'espace, vers un lieu de lumière. Je vis, de mes yeux abasourdis, au bout d'un couloir psychique, un homme souriant surgir en ma pensée. L'homme portait un grand manteau bleu et me souriait, il me faisait un signe amical de la main, à ses côtés, se tenaient d'autres aliens presque comme moi, mais tout leur corps, leur peau rayonnante de lumière et très sereins dans leur manière d'être.

 

J'étais très impressionné, je les avais vus, ils étaient là, je pouvais faire appel à eux, si je le voulais. Ces êtres avenants quêtaient la présence d'aliens ou de visiteurs échoués malencontreusement sur la Terre. Ils se proposaient de les secourir et de les ramener à bon port, leur évitant un certain nombre de désagréments, dont le plus connu chez nous est la dissection. Je leur demandais de faire quelque chose, pour ce monde, pour ses habitants, qui subissaient nos cruautés génétiques, la peine, et la présence de maladies répandues par des génies infâmes. Je leur demandais de préserver ce joyau et toute la vie qu'il habitait, car la Terre m'avait ému. J'avais été stupéfait par la quantité de vie présente à sa surface, les arbres, les lacs, les rivières et toutes sortes de paysages variés, dont on ne pouvait absolument pas concevoir la beauté, la pureté, dans l'espace.

 

Ma pensée fut saisie, elle fut écoutée. L'homme continua de me transmettre ces images et plusieurs autres aliens firent de même. J'étais devenu un traître parmi les miens, j'avais osé braver la loi du silence. Les êtres de Lumière s'effacèrent. Ensuite, d'autres images vinrent, celles de la destruction totale d’armements transgressifs avec des choses d'une dangerosité extrême, que même sur mon monde, l'esprit le plus vil ne songerait jamais à mettre au point. C'en était fini de mon séjour sur cette planète. Les superviseurs étaient très mécontents de moi, de mes défections lors des expériences, je devais être enlevé de ce lieu au plus vite.

 

C'est ce qui advint, et la suite vous la connaissez. On m'enferma et on m'arrêta en me condamnant à mort.

 

 

Ce furent mes deux petits qui vinrent à mon secours, et comme je les en remercie à présent !

 

Sans eux, je n'aurai pu revoir la lumière, je n'aurai pas non plus pu renaître, en devenant comme je le suis à présent.

 

Je me sens bien mieux, et tous mes vœux ont été exaucés. Mes deux petits sont avec moi maintenant et ils rayonnent d'éclat.

 

Il apparaît fugacement, son teint nacré est blanc brillant, il tire sur l'argenté et le rosé. Il est magnifique, en effet, vêtu d'un long habit crème brodé et ses yeux, autrefois noirs, sont légèrement bleutés. Les enfants se tiennent auprès de lui, vêtus d'habits blanc pur brillants aux mailles fines, l'un des petits clones a un œil incapable de voir suffisamment encore, mais son teint est bleuté et ses yeux bleu ciel sont superbes. L'autre petit être est blanc rosé, et d'allure très agréable. Ils sont habités d'une grande paix, d'une grande pureté intérieure.

 

La scène s'éloigne, ils font de joyeux signes de la main. Peu à peu, de grands êtres de Lumière, hommes et femmes les entourent.

 

Nous reviendrons pour d'autres messages, nous sommes joyeux de vous avoir à nos côtés. La renaissance de votre monde nous importe aussi beaucoup, souligne le sage Ektazzo. Je vous salue, depuis un grand vaisseau de bonheur, je vous dis à une prochaine fois.

 

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