Voyage sur la planète gazeuse (3/4)

Publié le par Aurélia LEDOUX

Voyage sur la planète gazeuse (3/4)

Message du Professeur Zolmirel

 

Le professeur expose par le détail ce voyage un peu subit pour une mission de sauvetage. Les premières parties sont juste ici :

 

 

Aussi, lorsque quelques jours plus tard, notre destination fut la planète Ortedda, notre voisine, je ne m'étonnais nullement.

  • Quelle peut-être cette planète ? s'inquiéta Zilmis. On dit que nul vaisseau n'a jamais pu s'y poser. L'atmosphère est balayée de vents intenses, et les anneaux, … sont très radiatifs.

  • En effet, c'est notre destination, mais rien qu'Erazel ne puisse accomplir, répondis-je posément

  • Qu'y a t-il à la surface ? questionna le petit Zilner fasciné

  • De l'atmosphère, bien tourmentée et peut-être des terres, noyées sous la brume. Là où le vaisseau de contrôle climatique s'est écrasé.

     

A peine une dizaine de minutes plus tard, nous étions fins prêts et sanglés dans nos sièges à bord du superbe disque argenté piloté par Erazel.

  • Attention, nous prévint-elle, je vais décoller à vitesse très élevée. C'est une mission urgente, ne l'oubliez pas.

 

Zilmis serra très fort ma main, et celle d'Amoni, assis près de lui. Il contempla le ciel bleu paré des éclats pourpres du couchant. Le navire bondit dans l'atmosphère et fusa à vitesse maximale. Il gagna en vitesse, puis une sensation oppressante familière nous riva à nos sièges. Je sentis mon corps s'engourdir, ma circulation sanguine cessait presque complètement, pour permettre à mon corps se supporter l'accélération, ma vision se brouilla et je devins inerte. Oui, cette accélération avait été très vive.

 

Cette torpeur nous atteignit tous, à l'exception d'Erazel, qui maîtrisait la nef avec aisance. Elle confia les commandes à Orel et Dorian, nullement affectés de pareil envol et passa parmi nous s'assurer que tout le monde allait bien. Zilmis était vraiment blême, et son teint presque crème montrait à quel point il était effrayé. Nerti et moi-même étions auprès de lui pour le réconforter. Erazel lui versa une dose généreuse de potion revigorante.

  • C'est parfaitement normal, cela fait toujours ainsi la première fois, dit-elle avec bonté.

  • J'ai l'impression que je ne pourrai plus rien avaler durant plusieurs jours, formula t-il.

  • Buvez ceci, cela va vous détendre, émit l'ancienne avec foi.

     

Zilmis but le breuvage et il reprit un peu de couleurs, fixant la vitre où le ciel moucheté d'étoiles était intégralement noir. Un petit point brillant grossissait, une station d'appontement majestueuse apparut bientôt.

 

Notre nef s'y arrima avec aisance et les enfants, accompagnés d'Orel descendirent.

  • Et pourquoi ne venons-nous pas avec vous ? lança le petit Nerti très déçu

  • Vous viendrez lorsque nous aurons déterminé ce qui a causé l'avarie de l'équipage et lorsque ce sera plus dégagé, exposa Erazel.

Ils étaient fort attristés, mais acceptèrent cela, les missions de sauvetage étaient interdites aux plus jeunes en milieu hostile. Mais le rôle des enfants et d'Orel était déterminant. A bord de la station orbitale, ils allaient pouvoir nous diriger. Nous entrions en une zone d'où toute visibilité serait bannie.

 

 

La belle planète Ortedda, un astre jaune olive, parut sur l'écran, entouré de ses deux majestueux anneaux argentés étincelants. C'était un très vaste monde panaché de nuages en mouvements. Une radiance très forte habitait sa magnétosphère. Notre vaisseau, entouré d'une bulle protectrice, fut bientôt paré d'une teinte rose fuchsia et bleutée, du fait du grand nombre de particules en mouvement.

L'énergie toroïdale qui jaillissait de son cœur magnétique nous protégeait parfaitement, ce rideau dense d'énergie empêchait toute irradiation de l'équipage. Nous avons plongé au cœur d'une bulle ocre, puis jaune d'or, notre vision se troublait de temps à autres, du fait des portails énergétiques subtils qui entouraient ce monde.

 

Très concentrée, Erazel louvoyait entre les masses d'air en mouvement, évitant les heurts avec une dextérité peu commune. Des vents violents secouèrent la nef, un vortex de plasma ascensionnel jaillit près de nous, bousculant notre trajectoire. Ces éclairs d'énergie subits coloraient l'atmosphère d'arcs rougeâtres fascinants, et de zones violines plus bas, qui éclairaient le paysage par instants.

 

Notre navire décéléra, pour entrer dans une zone moins tourmentée chamarrée de nuages blancs.

 

Puis, un paysage incroyable, finement cratérisé, garni de flammèches ardentes à l'horizon se dessina. Un ciel noir et blanc entrecoupé de violine, d'ocre et de pourpre, le surmontait. Zilmis me fixa avec angoisse, ce n'était pas un lieu de villégiature fort accueillant !

 

Une longue zone dorée garnie de cratères infinis, immensément anciens et profonds, nous faisait face. Erazel évita des points de convergence, où l'atmosphère tourmentée aurait balayé notre transport. Finalement, elle décida de poser notre vaisseau dans une petite vallée. Il y avait un peu d'écho, mais la voix de Zilner était inaudible sur le communicateur. Cependant, Dorian percevait parfaitement la pensée d'Orel et guidait Erazel en lui montrant le point probable où se trouvait l'équipage à secourir sur la carte.

 

Nous avons repris notre trajectoire. Zilmis buvait de grandes quantités d’élixir de détente, il parvint à afficher un visage plus serein. Le paysage que nous traversions était désolé, mais grandiose. Le ciel devint un peu plus lumineux, et nous avons abouti à un grand désert de pierre parsemé de ruines géantes de plus de un kilomètre de haut.

  • Les villes des anciens, fit Erazel. Ils ont du vouloir s'en approcher.

  • Quel endroit fascinant, ne put s'empêcher d'ajouter Amoni. Tout archéologue rêverait d'être là.

J'avisais des statues colossales d’humanoïdes et de hautes tours coiffées d'antennes, entourées de lézardes.

Chacun de nous devisait sur l'existence possible de bibliothèques en ce lieu. Voilà qui nous renseignerait sur ce monde. Où s'en étaient allés les habitants ? Comment de telles cités, de telles merveilles d'architectures avaient pu être abandonnées là ?

  • Les anciens habitants s'en sont allés, quand la radiance de ce monde s'est élevée, enfants... Nous cherchons d'abord les rescapés, ensuite des livres si nous en avons le temps, émit posément Erazel.

 

Mais notre raisonnement était juste, tout près de la cité, gisait un petit vaisseau, renversé en travers et à moitié encastré dans une butte.

Un bip résonna sur le transpondeur. Nous étions espérés et attendus. Les êtres étaient au nombre de huit, dont un blessé. Ils avaient d'abord besoin d'être remorqués, conclut Erazel.

 

  • Il n'est pas question de sortir du vaisseau, exposa l'ancienne. La radiance est trop forte. Le mieux serait de faire le tour, trouver un hangar où nous abriter, et revenir les chercher.

  • Excellent plan, fit Dorian. Mais il faut faire vite, une turbulence approche, nous allons être paralysés si nous tardons trop.

 

Nous avons envoyé un message rassurant à l'équipage. Nous devions trouver un abri souterrain où nous poser si l'on voulait pouvoir réparer leur navire. Ils furent un peu chagrinés de ce plan, mais acceptèrent. Seul Amoni entra dans la chambre de téléportation pour gagner leur bord.

 

Il fut accueilli par cinq aliens avenants et un humanoïde. Les êtres affables étaient coincés depuis trois heures et l'un des leurs s'était brisé la jambe lors d'un heurt. Amoni examina le blessé. C'était un humanoïde à sang chaud, comme votre espèce et le pronostic n'était pas bon.

  • C'est un être à circulation sanguine rapide, le sang s'est répandu dans la cavité abdominale, soupira Amoni. Cela s'appelle je crois, une hémorragie interne, exposa t-il par l'esprit.

  • En effet, fit Dorian, mais vous allez y arriver. La première chose à faire est de refermer l'artère abdominale. Ensuite, pomper le sang et le réinjecter dans la circulation et combler le déficit circulatoire avec du plasma.

  • C'est ce que j'ai idée de faire, émit mon ami si habile.

Ils firent sortir tout le monde de la pièce. Et Amoni étendit le blessé, l'endormit, étala un agent prophylactique sur son ventre. A l'aide du médecin de bord, ils ouvrirent le corps du malheureux. L'intérieur était très endommagé. Mon ami pompa le sang et étala une résine à séchage rapide pour reconstituer l’artère endommagée en de multiples endroits. Le produit sécha en trente secondes, puis, ils purent réinjecter le sang, ainsi que du plasma dans le système artériel. Le pouls en baisse du blessé se stabilisa. Ils furent en mesure de refermer le corps. Amoni était si expert en ce domaine que seul un fin sillon subsista. Ils étaient à présent en mesure d'agir sur sa jambe blessée.

 

Ils la redressèrent, et Amoni recolla les fragments du fémur de manière parfaite avec de l'osséine naturelle, une colle extrêmement dure. Il fallait beaucoup de force pour ce travail, car la jambe devait être parfaitement droite. Ils contrôlèrent le résultat avec un écran. Ensuite, le guérisseur du bord étala une pâte de colmatage cicatrisante et ils lissèrent ensemble la plaie pour la protéger. Amoni étendit un remède prophylactique avec un linge fin. L'homme de haute taille pourrait marcher dans deux jours avec une attelle, sans trop appuyer sur sa jambe, prévint-il. L'osséine naturelle serait ensuite dégradée par le corps, au fur et à mesure de la formation du cal osseux.

 

Il en était fait ainsi chez les miens depuis très longtemps. Nous étions spécialisés dans la production de substituts aux tissus vitaux. Ces substituts pouvaient se substituer à la perte de sang en agissant comme des agents oxygénants, ou azoteux, pour permettre à un blessé de recouvrer rapidement des forces. Il existait du plasma pour guérir à peu près tout type de créature. Les colles employées lors des pratiques hémostatiques étaient de composition analogue à ce que le corps fabrique lui-même. Il en était de même pour les pâtes musculaires et épidermiques, ainsi que pour l'osséine, les tissus cartilagineux. Ces pâtes et colles étaient riches en fibrine, mais aussi, en colloïdes, en chitine et en silicium organique.

 

Tout cela en proportions adaptées à chaque blessé.

 

Notre petit vaisseau tournait comme un insecte autour d'un grand bâtiment blanc. Une paroi très endommagée, laissait entrer la lumière et à l'intérieur de l'édifice, on voyait une série de parements admirables, ainsi qu'une grande aire de remisage de nefs. Un puits menait à la base de la tour, avec un hangar assez vaste dont la porte pouvait être refermée. Cela nous convenait parfaitement. Erazel fit ressortir la nef et nous nous sommes dirigés droit vers le vaisseau meurtri. Erazel lança plusieurs câbles de remorquage et les dispositifs d'arrimage de notre nef commencèrent à tirer lentement. Le vaisseau sortit peu à peu de la dune de sable, puis glissa au bas. Nous nous sommes posés et avons arrimé solidement les deux navires, par le toit, notamment. Les bras articulés de la nef merveilleuse pilotée par Erazel ont saisi avec délicatesse le vaisseau meurtri et l'ont soulevé avec aisance.

 

Nous étions absolument admiratifs de tant d'habileté de la part de notre ancienne. Nous nous sommes envolés prestement, poussant des cris de joie !!!

 

La tempête approchait. Avec ce chargement plus lourd, Erazel négocia souplement notre entrée dans la tour blanche. Dorian l'aida à passer. Le navire endommagé a été déposé à la hâte au fond du puits, là, muni d'un scaphandre, je suis sorti pour verrouiller le grand hangar. Chacun de nous a poussé un grand soupir en me voyant reparaître.

 

Nous étions follement émus et ravis. Erazel inspecta de loin le parement du navire endommagé avec une caméra de surveillance.

  • Ce sera un miracle s'il résiste lors de l'accélération soupira t-elle.

  • Oui, ajouta Dorian, le blindage est très endommagé. Cela signifie de longs et fastidieux travaux.

  • Que nous n'avons point le temps d'accomplir ici, souligna Zilmis. Mais avec une ou deux tôles de titanium ultra, cela fera l'affaire. La réparation ne sera pas belle, mais permettra à l'astronef d'être amené en lieu sûr pour révision. Évidemment, il faut que l'équipage vienne de suite dans notre navire, une perte d'atmosphère peut intervenir à tout moment.

  • C'est très bien d'avoir l'avis d'un expert tel que vous, fit Erazel. Je vais demander à nos amis de nous rejoindre aussitôt. Ensuite, vous pourrez commencer les réparations sur ces parements.

    Erazel envoya un signal dans le transpondeur et déplia un couloir jusqu'au vaisseau endommagé. Chacun vint nous rejoindre, un homme et un alien de haute taille portant le blessé. Ils nous remercièrent tous d'être intervenus si vite, car au dessus de nous, le vent mugissait avec force. Cela se poursuivit par un joyeux repas.

 

Ils racontèrent qu'une bourrasque avait déporté leur vaisseau alors qu'ils faisaient des prélèvements d'atmosphère. Notre conversation dura longuement. Puis, en soirée, il fut décidé que les réparations commenceraient. Les occupants du vaisseau amenèrent à notre bord toutes leurs recherches et leurs effets personnels, ainsi que toutes les réserves d'eau, pour alléger au maximum le vaisseau endommagé. Il fut décidé de même de transférer tout ce qui craignait le vide spatial, les instruments et les appareils délicats.

 

  • Avez-vous déjà fait cela ? demanda le capitaine à un Zilmis très hésitant, qui faillit faire tomber une plaque de blindage.

  • Pas avec un scaphandre, mais c'est le même principe, fit mon ami, en tentant de manifester plus d'assurance qu'il n'en ressentait alors.

  • Il est extrêmement habile, soulignais-je d'un ton joyeux. Je vais l'aider.

Nous sommes alors sortis, munis de nos scaphandres, la pièce était glaciale et il fallut pousser notre système de chauffage à fond. L'un des nôtres, abrité dans le sas, se tenait prêt à nous ramener, si d'aventure l'un de nos scaphandres manifestait le moindre signe de dysfonctionnement. C'était une mission dangereuse. Il y avait peu d'oxygène en ce lieu et afin de faire des soudures parfaites, Zilmis avait du porter de lourds appareils munis de bouteilles de ce gaz.

 

Évidemment, allumer un chalumeau en un lieu inconnu était un exercice à risque. Nous avons commencé par sonder l'atmosphère, puis la surface du vaisseau. Aucune fuite de gaz n'étant à déplorer, Zilmis ôta les panneaux tordus avec une sorte de pied de biche. Il retira un isolant semblable à de la fourrure et inspecta les différents circuits présents en dessous. Mon ami redressa plusieurs tuyaux, et ressouda des composants fort délicats. Il avisa des câbles rompus, et je m'empressais de réaliser des épissures soignées. Il y avait en tout une cinquantaine de câbles et le scaphandre gênait mes mouvements. Je me concentrais sur les réparations évidentes à accomplir, les autres câbles, trop semblables et trop nombreux pour être réparés, attendraient d'autres soins. Je les positionnais dans un dispositif isolant destiné à prévenir tout court circuit. J'agis de même avec l'autre extrémité des câbles. Satisfait de mon travail, Zilmis sourit et me fit signe que tout était parfait. 

 

Nous avons repositionné les isolants, puis avons replacé les trois couches de panneaux. Enfin, Zilmis répandit une résine de colmatage et vissa la structure. Puis, il positionna une plaque de titanium sur le blindage du vaisseau et l'entoura d'un tracé régulier. Ensuite, il la retira et prit une sorte de scie, puis commença à creuser légèrement le métal, pour pouvoir le souder. Il vous faut savoir que d'ordinaire, les soudure électrolytiques sont réalisées en usine sur nos vaisseaux, or le titanium composant les plaques d'astrocéramique, ne peut se souder de la manière à laquelle vous êtes habitués. C'est pourquoi les plaques de secours sont entourées d'une colle et d'un joint spécial, qui va s'écouler tout autour à la moindre chaleur. Cet usage est parfait, quelques rivets servent à renforcer la structure.

 

Je boulonnais autant de rivets que je pouvais, puis Zilmis me remplaça. Ensuite, il chauffa modérément le pourtour du métal, le flux se répandit, laissant suinter une mince ligne argentée. Mon ami si habile contrôla la plaque, elle tenait parfaitement. Il restait la deuxième à positionner.

 

Nous avons agi de même. Trois heures s'étaient écoulées. Nous sommes revenus au vaisseau, chancelants et ravis, chacun nous accueillant avec bonté.

 

  • C'est mieux que bien nous félicita Erazel. Je pense qu'il pourra traverser l’atmosphère sans dommages. Compte tenu de la gravité de cette avarie, votre travail est remarquable, dit-elle en inspectant les tôles que nous avions ramenées à bord. Ce vaisseau a été enfoncé par un rocher très dur.

     

Notre soirée se déroula dans la plus parfaite allégresse. Le matin vint, et avec lui, la possibilité heureuse d'aller explorer les bibliothèques de cette haute tour blanche. Erazel désirait nous faire ce plaisir, mais il restait le danger de la radiance. Et un scaphandre est d'un encombrement certain pour feuilleter des ouvrages jaunis.

 

Il fut convenu que nous gagnerions les très hauts étages de l'embarcadère à bord d'une petite capsule téléguidée. En vérité les centres de transbordement spatial sont tous équipés de grandes bibliothèques et il aurait été impensable de ne rien trouver en ce lieu.

 

Notre petit esquif en forme de bulle gagna les hauts niveaux, Dorian, Zilmis et moi-même, serrés dans son intérieur. Nous avons franchi plusieurs coursives délabrées et ensuite sommes parvenus au réfectoire. Nous étions épouvantés de peut-être trouver des corps de victimes, mais il n'y en avait point, nous avons juste trouvé le squelette d'un animal inconnu. Le lieu, balayé par une haute radiance, était absolument dépourvu de vie inverse. Nous étions au moins certains de cela, malgré toute la vétusté de cet endroit, nous nous sentions rayonnants de bonheur.

 

Plus haut, s'ouvrait une vaste salle d'archives, garnie autrefois d'holodisques, mais les vastes cylindres de verre et de cristal avaient tous été emportés. Nous sommes entrés dans un petit salon de lecture. La pince du robot qui équipait notre esquif était impatiente d'agir. J'activais les commandes avec une folle excitation pour attraper un magazine qui traînait au sol, mais celui-ci se transforma en poussière aussitôt. J'en fus extrêmement chagriné. J'avisais un gros livre sur une étagère et le frôlais avec précautions, la couverture possédait la même consistance poudreuse que le magazine. Voyant notre peine immense, Dorian fit une chose étrange, il projeta son fluide à l'extérieur de l'habitacle et le livre s'éleva. Il émit une grande lumière, alors, l'objet flotta docilement jusqu'à la pince réservée à cet effet. Le livre tomba dans un grand bac. Je fis agir le réceptacle et le bac rentra dans le sas de la capsule. Zilmis tendit la main avec crainte et saisit un gros livre un peu poussiéreux. Il l'ouvrit en tremblant. Des graphies aliens inconnues de nous apparurent sur les pages jaunies et tordues. Le livre était émaillé de très nombreux schémas représentant des plantes, des animaux, des invertébrés. Un naturaliste passionné avait écrit cet ensemble, au moins plusieurs milliers d'années avant notre ère. Je pus comprendre vaguement le titre. A peu de choses ceci « Vie et habitat des créatures de notre monde ».

 

Nous étions plongés dans un silence mystique propre aux très grandes découvertes. Chacun de nous n'osait parler. Nous sommes revenus vers une zone comprenant une haute étagère. Une dizaine de livres attendaient. Nous avons regardé Dorian d'un œil implorant.

 

Ce dernier rit simplement.

  • La lecture de celui-ci vous comblera. Cela me semble bien suffisant. Normalement, je ne suis pas censé faire cela, dit-il en montrant le livre intact. Transgresser les effets du temps est interdit chez les miens.

  • Ce n'est qu'un peu de lecture, exposais-je. Nous sommes curieux d'en savoir plus sur ce monde.

  • Vous allez en apprendre bien plus promit Dorian. De ses habitants.

  • Je ne vois nul habitant, répondit Zilmis très chagrin.

  • Détrompez-vous, émit notre ami de lumière avec assurance.

     

 

Notre petit esquif est revenu au bas de la tour géante. Erazel et les autres s'impatientaient. Nous étions un peu attristés de partir, mais ce livre inespéré allait tout changer. Erazel examina le volume malmené par les ans. Elle fixa Dorian d'un œil intrigué, mais ne dit mot et nous rendit l'objet avec un petit rire.

 

  • Vous êtes incorrigibles. Cette langue n'est plus employée depuis au moins 40 000 ans... ce livre ne devrait tout simplement plus exister, fit-elle avec un sourire entendu à Dorian.

  • Comment le savez-vous ? implorais-je . Cette époque date d'avant notre venue sur notre monde !

  • En effet, fit Erazel, et vous déployez là une curiosité bien trop vive.

  • Et pourquoi non ? arguais-je

  • Pour cette raison-ci, émit Erazel. Nous avons été localisés ! répondit-elle en montrant un point rose sur la carte de la si vaste Ortedda

  • Ami ou ennemi ? demanda le sage Amoni

  • Ce sont des amis, à priori, mais ils sont un peu surpris de notre venue, estima Erazel.

     

Notre nef prit de l'altitude, malgré le signal insistant dans le communicateur. Notre priorité était de gagner la très haute atmosphère, puis de fuir dans les cieux. Ceci afin de regagner la sécurité de la station orbitale où les enfants et Orel nous attendaient tous.

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

 

 

 

 

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