L'ouverture de conscience

Publié le par Aurélia LEDOUX

L'ouverture de conscience

Message du Professeur Zolmirel

 

Chers amis, c'est moi de nouveau votre ami, le professeur Zolmirel,

En ce jour heureux, je vais vous conter la suite de notre long voyage dans les contrées désertiques.

 

Nous nous trouvions très heureux, vraiment, de notre rencontre avec les Hellnir, un peuple de lézards qui vivait en un lieu torride pour nous.

 

Ce lieu était aussi très dangereux, mais nos amis lézards avaient pensé à tout, grâce à l'aide des grands anciens, ils prévoyaient de faire venir une délégation de mon peuple en une zone fraîche bien abritée.

 

Nous étions tous très enthousiastes à cette idée. Le premier contact avait été fructueux de part et d'autres, et le jeune Alantakiu, un lézard aventurier, souhaitait dorénavant venir avec nous, visiter notre contrée.

 

Son père, Hisbel, quoique d'un naturel peu expansif, versa quelques larmes au moment de saluer son fils. Sa mère le couvrit de présents et le pria de faire bien attention.

 

Nous les avons rassurés, expliquant que notre monde était un lieu de jungles humides, et que les bêtes sauvages étaient tenues à distance par le seul pouvoir de notre esprit.

 

  • Nous avons l'habitude, fit Erazel, et nous vivons dans les hauteurs. Nous ne ferons visiter les marais à votre jeune que s'il le demande, et ce en présence des plus grands prescients. Notre peuple communique aisément avec les animaux, les plantes.

  • Comme vous en avez de la chance, voyageurs du pays de l'ombre, soyez bénis ! Que tous les dieux vous protègent. Revenez vite ! lança t-elle

 

J'étais surpris et ravi d'un tel amour en cette famille. Notre petit vaisseau repartit le lendemain, avec le jeune Alantakiu qui avait un esprit fort curieux.

 

Il nous interrogea sur le type de plantes qu'il verrait par chez nous. Et nous demanda quelle taille atteignaient les cactus.

  • Il existe plutôt des champignons, certaines moisissures géantes font la taille d'un jeune arbre. Nous les cultivons avec beaucoup de bonheur. Ce type de plante aime l'humidité, la pluie, il existe également des mousses qui tapissent le sol, des fougères et des arbres, dont certains atteignent 500 mètres de haut. Ce sont les arbres où les anciens se réunissent depuis des éons maintenant. Ils sont en lien direct avec le mémoire de notre planète. Vous y serez invité, évidemment ! répondis-je avec un entrain très vif

  • Oui, ce sera une joie, fit Erazel en louvoyant entre les dunes. Vous allez être un invité exceptionnel ! Allez-vous accepter de nous parler de votre monde, de votre peuple ? Comment les Hellnir ont-ils pris pied sur Ellakhi ?

  • Les dieux sont venus, fit le lézard, dans leurs grandes demeures argentées. Ils sont descendus du ciel et nous ont donné vie. Au départ, nous étions semblables aux lézards qui se déplaçaient dans les branches. Mais les dieux voulaient un peuple avisé, intelligent et capable de discernement. Alors ils nous ont donné leur forme, la forme humaine.

  • Vous voulez dire, demanda Erazel, d'un ton très calme, que vos dieux étaient des humanoïdes ?

  • Oui, assurément, fit le jeune lézard. Il est un peu tabou d'en parler, mais les dieux formaient une famille. Ils n'étaient pas toujours d'accord, certains voulaient nous voir retourner dans le marais, mener une vie d'êtres fouisseurs. Mais l'autre partie des dieux était contre. Ils souhaitaient nous voir développer une brillante civilisation, capable de s'envoler dans les cieux. C'est ce que nous sommes parvenus à faire.

  • Ah, vous avez donc développé une flottille spatiale ? demandais-je

  • Aucunement, fit le lézard, nos chefs s'y sont refusés, ils craignent de provoquer la colère des dieux. Mais il existe des contrevenants. Certains des miens ont quand même leurs propres vaisseaux.

Un silence étonné suivit cette déclaration.

  • Il y eut un débat plutôt vif entre les dieux, pour savoir quels attributs ils nous laisseraient, je veux dire, quelle mémoire inconsciente. Une part non négligeable d'entre eux, voulait effacer tous nos souvenirs. Cela ne s'est pas fait, heureusement. Les dieux les plus sages, les plus anciens, nous dotèrent d'un esprit vif, mais aussi de compassion, de bonté, et d'un grand sens de l'honneur, de la justice. Ils prophétisèrent que nous en viendrions à prendre leur apparence lorsque tout serait accompli. C'est bien ce qui est arrivé, nombreux parmi les miens sont ceux qui ont dorénavant acquis une apparence lumineuse.

Orel et Dorian étaient demeurés muets pendant toute cette conversation. Je demandais à Dorian par l'esprit s'il avait eu vent de l'existence passée d'une famille d'humanoïdes généticiens en cette contrée.

  • En effet, il est de nombreuses expériences génétiques qui ont eu lieu sur votre planète afin d'acclimater des espèces à des environnements très variés. En créant les Hellnir, les chercheurs voulaient parvenir à protéger un être vivant des très hautes températures. Ils y sont bien parvenus. Mais il y eut une dissension entre les chercheurs, certains voulaient que les lézards gardent leur carapace à tout jamais, leur vie animale, ceci les privant d'accéder aux niveaux supérieurs de l'êtreté. Ils craignaient en tant que dieux, d'être dépassés par leurs enfants. D'autres s'étaient attachés à leurs créations, ils voulaient voir les lézards se mettre à parler, à échanger, à penser de manière bien plus active. Il a cependant été décidé que les nouvelles créatures devaient conserver leur carapace. Cela a échoué bien sûr au fil du temps, l'énergie-mère d'une planète est vivante et consciente. Lorsque les êtres sont prêts, purs et accomplis, toutes les barrières tombent d'elles-mêmes. Vous reverrez vos dieux, exposa Dorian mais vous n'aurez pas besoin de vous prosterner, vous verrez qu'ils sont très précisément comme vous, et vous en serez comblés.

  • Ne vont-ils pas prendre ombrage de notre ressemblance ? demanda le jeune lézard

  • Nul père ne peut être plus fier que lorsqu'il voit ses enfants prendre leur envol. Alors, si tel n'est point le cas, c'est que ces dieux auront donné le pouvoir à l'obscur. Et nous interviendrons. Mais quelque chose me dit que tout se passera bien ! assura Dorian avec un large sourire

Nous avons poursuivi cette heureuse conversation. Le jeune Alantakiu était passionnant. Il nous expliqua comment son peuple avait résolu le problème de l'eau, en creusant des canyons à une profondeur vertigineuse, en y plantant de nouvelles variétés de plantes et en développant des cultures de fruits.

Au départ, les Hellnir parfois, se nourrissaient d'animaux, mais par la suite, cet usage a été banni. Ce peuple a découvert l'existence et l'usage de cristaux ré énergisants pour soigner le corps et l'esprit. Puis ils ont agi pour édifier des villes harmonieuses adaptées aux hautes températures, aux tempêtes de sable.

 

Notre voyage prit fin plus tôt que prévu, nous avions atteint le centre de soins en soirée. Le jeune Alantakiu était tout émerveillé de voir autant de parapets de cristal, d'arches florales, de tours héroïques de pierre. Il se mit à jubiler. Erazel fit grimper le petit vaisseau en douceur jusqu'au sommet de notre tour et il entra par une alvéole. Puis elle le posa avec légèreté. Nous sommes sortis, Dorian m'offrant comme d'habitude une boisson fraîche que je m'empressais de boire.

 

Nous sommes descendus du vaisseau, et des cris de joie retentirent. Le sage Amoni et le petit Zilner se précipitèrent à notre rencontre, follement ravis de nous revoir. Je serrai mon ami très fort, et il fit bon accueil au lézard nouveau venu.

 

Amoni était absolument ravi qu'un habitant des régions brûlantes ait accepté de nous suivre. Alantakiu l'observa d'un œil brillant et je compris qu'il n'avait jamais vu de Kolal. Il fixa de même le jeune Zilner avec surprise et ses yeux se teintèrent d'un éclat attendri.

  • C'est votre enfant ? demanda t-il avec bonté en voyant Amoni serrer la main du jeune alien. Je suis tellement heureux de découvrir votre peuple ! Votre fils vous ressemble, exposa t-il avec sincérité en voyant la même attitude discrète et intelligente chez le petit Zilner que chez mon grand ami.

Amoni, qui avait bien sûr adopté le petit être, bégaya de joie en rosissant.

  • Voilà un invité très agréable, me dit-il par l'esprit. C'est la première fois que j'entends de telles paroles !

Il s'approcha pour remercier Alantakiu, occupé à contempler la ville par la grande verrière.

La nuit commença à tomber, alors, toutes les lumières du centre de guérison s'éclairèrent, offrant un spectacle magique. Mais nous devions partir, le temps de notre séjour s'était écoulé, même si nous avions légèrement prolongé ce dernier. L'usage de la télépathie nous avait permis de différer notre départ, et il était aisé de converser de la sorte.

 

Avec une précision admirable, le jeune Kolal qui nous avait accueillis se matérialisa devant nous.

  • Suivez-moi voyageurs, nous dit-il en nous faisant grimper dans un petit wagon. Le pilote est en phase d’approche.

Nous avons pris place sur les sièges en nous serrant, Amoni faisant léviter nos effets avec une grande efficacité. Le jeune Alantakiu le fixa d'un air abasourdi. La chaleur desséchante du jour se tarissait, faisant place au vent des dunes, nous amenant à goûter cette fraîcheur bienvenue.

 

Le petit wagon plongea dans l'atmosphère, ses ailes s'ouvrirent et il plana de manière merveilleuse jusqu'aux remparts qui unissaient les tours contre les assauts du vent. Il gagna la périphérie déserte et se posa sur les rails en une manœuvre impeccable. Le jeune Kolal nous laissa à la petite gare et nous invita à attendre. Un point s'approchait en effet régulièrement. Mais que se passait-il ? Le vaisseau tanguait et louvoyait avec peine, sans cesse repoussé par le vent.

 

Nous avons donc du marcher pour nous placer juste en dessous de lui. Et cette marche dans le sable fut très pénible pour les nôtres. Le jeune Alantakiu qui possédait de larges pattes, ne peinait pas autant que nous, il se chargea des bagages avec une grande bonté. Notre progression se fit plus aisée. Amoni décida de porter le petit Zilner qui était encore tombé, et qui se reçut bien mal sur un rocher. Il se mit à sangloter et mon ami réalisa que son genou gauche comportait une plaie assez douloureuse.

  • Je te soignerai une fois que nous serons à bord, promit-il. Le vaisseau a de la peine à se maintenir. Nous devons continuer.

Le jeune Zilner tâcha de se détendre, se concentrant pour repousser la douleur. Il y parvint en peu de temps, ainsi que les jeunes clones savent tous le faire.

 

Enfin, le vaisseau fut visible, mais il ne cessait de bouger. Nous étions tous inquiets. Amoni allait-il parvenir à y aborder ?

 

Mon sage ami grimpa au sommet d'une dune et s'immergea par l’esprit dans un état de détente absolu où les champs telluriques lui étaient aisément perceptibles. Puis il ouvrit les yeux étendit la main, et s'envola, le petit Zilner dans ses bras. Il prit pied sur la proue du navire, le pilote heureux de le revoir, luttant avec les commandes.

- Si vous voulez bien avoir la bonté d'attirer vos compagnons à bord rapidement, je ne pourrai me maintenir à cette altitude, émit-il alors que le ballon était bousculé par les bourrasques.

 

Je compris qu'il était plus aisé à Amoni de nous faire monter à bord de là où il était. Mais y parviendrait-il ?

 

Avant que cette pensée ne traverse mon esprit, je m'envolais avec un cri de surprise, serrant mon sac près de moi. J'atterris auprès d'une Erazel très satisfaite. J'avais oublié qu'elle aussi maîtrisait à la perfection l'antigravité. Je poussais un soupir de soulagement, remerciant la sage ancienne d'être toujours là quand il le fallait. Orel et Dorian nous rejoignirent aisément, chacun tenant la main du lézard Alantakiu, qui était fort pâle.

 

  • Êtes-vous donc des dieux vous aussi ? demanda t-il en tentant de s'agenouiller

  • En aucune manière, fit Dorian en le relevant. Nous sommes vos amis à tous. Chaque être peut agir de la sorte par l'esprit, ce n'est pas uniquement l’apanage des dieux.

  • Je ne crois pas, fit Alantakiu, Par chez moi, nul habitant ne peut accomplir de tels prodiges.

  • Parce que leur esprit a été courbé suivant une direction où il croit que cela lui est impossible. Voyez et réalisez, dit-il avec bonté. Alors, vous aussi pourrez agir de la sorte.

Alantakiu, assez décontenancé se mit à méditer ces paroles.

 

Notre esquif, la seconde d'avant secoué et rudoyé par les bourrasques, entra dans une trajectoire merveilleusement fluide et très apaisante.

 

Je rejoignis Amoni qui étalait un remède pour soigner le petit Zilner. Mon ami désinfecta la plaie, retira le sable et appliqua un cicatrisant en doses généreuses. Il fit ensuite un bandage léger une fois que le remède fut sec.

 

  • Et voilà, dit-il en bordant le petit alien, reposes toi bien demain tu pourras marcher, avec précautions.

Zilner sourit et embrassa son père. Je pris place à ses côtés, car c'était l'heure du soir. Zilner aimait bien être entouré de deux adultes à cette occasion, son père et Erazel, ou moi-même pour s'endormir. Il serrait très fort ma main dans sa paume minuscule. Il ferma ses grands yeux brillants et plongea dans le sommeil paisible de l'enfance. Sa petite main se détendit, et je sombrais moi aussi dans une plénitude absolue.

 

Amoni, notre ami Alantakiu et Erazel s'endormirent de même. Le sommeil des nôtres vient aisément lorsqu'ils se sentent en sécurité. Et ce soir là, la maîtrise exceptionnelle d 'Orel et Dorian sur notre voile, nous prouvait combien nous étions en sécurité.

 

Nos deux amis de lumière s’assirent sur un bon fauteuil et entrèrent eux aussi en un sommeil paisible, leur esprit omniscient et pleinement actif continuant à surveiller notre trajectoire malgré cette phase de repos. Le fauteuil qu'occupait Dorian était voisin du mien. Et lorsqu’il serra ma petite main d'alien, je compris ce qu'il attendait de moi. Son énergie était immense, prodigieuse, elle fit vaciller mon esprit. Cet échange télépathique inouï, me fit venir les larmes aux yeux, je ressentais tout l'amour de Dorian pour son ami Orel, qu'il considérait comme son frère jumeau, pour sa famille, pour la nature, pour notre monde, pour toutes les planètes à naître.

 

Cette émotion inouïe enfla de manière prodigieuse. Ah quelle félicité mes amis ! Je passais là un instant paradisiaque, et mon esprit s'envola gaiement, juste aux côtés des êtres de lumière. Je voyais le ballon avancer avec une constance heureuse, notre esquif était en sécurité. Nous avons vogué à une allure merveilleusement grisante, très haut dans le ciel nocturne. Puis une vive clarté est apparue, un très vaste navire se tenait au dessus de nous. Nous sommes entrés par la porte toute éclairée, d'un gigantesque croiseur de lumière. Un ensemble fastueux de vaisseaux intergalactiques était abrité dans le hall, ainsi qu'un grand nombre de véhicules hétéroclites en phase de remisage.

 

Les êtres de Lumière conversaient par l'esprit avec un certain n'ombre d'humanoïdes et d'aliens au caractère parfois vif. Peu à peu les conversations devinrent plus amicales et chacun se détendit.

 

Nous avons suivi une coursive et juste au bout se tenait un grand être de lumière majestueux drapé dans un manteau bleu ciel, empli d'un éclat doré. Je compris qu'il s'agissait du père de Dorian. C'était un homme immense et d'allure redoutable au premier abord, on sentait qu'il était fort âgé, et d'une force de caractère peu commune. Il se nommait Héraziel. Son nom me parut presque familier.

 

Cette impression redoutable tomba lorsqu'il serra son fils près de lui. Dorian était très grand mais son père était encore plus immense. Ses larmes coulèrent lorsque son parent l'embrassa. Son père eut une expression de joie infinie lorsqu'il nous vit, Orel et moi. Chacun de nous eut droit à une étreinte affectueuse. Puis, Dorian embrassa également son frère Matanel et Irlinda, la compagne de ce dernier. Son frère possédait les cheveux brun clair et sa bien aimée avait une chevelure rousse éclatante du plus bel effet et des yeux bleu ciel. Je fus saisi de ravissement. Ce ravissement augmenta encore lorsque j'aperçus un très jeune Galmol. Il était également un peu surpris de se trouver là. Je le fixais avec bonheur et nous avons commencé à converser. Il était botaniste comme moi, et se réjouissait bien de se trouver en un tel lieu, suspendu hors du temps. Le rêve merveilleux continua longuement. Et je me dis que tout ceci était parfait.

 

Je vous salue bien amis de la Terre bleue, soyez remerciés de votre grande bonté, de cette pureté qui renaît au plus profond de chacun de vous pour s'exprimer dans le réel.

 

 

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