Le premier vol 11

Publié le par Aurélia LEDOUX

Le premier vol 11

Message du Professeur Zolmirel

 

Quel voyage, mes amis, quel voyage !

 

Je reviens vers vous en ces temps de pluie. Je suis votre ami, le sage Zolmirel, venu vous conter la fin de notre glorieuse expédition, par delà notre monde.

 

Nous étions fort heureux en vérité de rentrer.

 

Mon ami, le sage Amoni, nous avait menés chez son frère Esvar, et avait fait la connaissance d'une alien au teint bleuté tout à fait agréable, son épouse Minvela. Il entendait bien vite revoir cette aimable apparition et ses deux enfants. Les deux petits aliens espiègles, Nerti et Zilner étaient exactement du même avis, car la dame leur avait présenté toute sa famille en un lieu de vie tout doré, fort accueillant.

 

Nous étions de retour dans l'espace pour une courte traversée de notre système stellaire, durant environ une vingtaine de vos minutes.

 

Cela est un voyage assez long, eut égard à la vitesse possible du vaisseau, mais il en était ainsi afin de faire moisson de clichés stellaires abondants. Et surtout afin que les enfants puissent admirer toutes les belles de nuit de notre étoile.

 

Il faut dire que contempler une planète de ses propres yeux donne accès à une émotion inouïe, grandiose, que peu de mots peuvent définir.

 

Nous étions certes un peu fatigués de notre voyage, mais toujours curieux de ce qu'il avait encore à nous offrir.

 

L’ancienne Erazel émit un message télépathique rassurant décrivant les étapes essentielles de notre trajectoire de retour à l'attention du conseil des navigateurs.

 

Ce conseil est constitué de très sages aliens qui surveillent les missions directement par l'esprit, depuis leur jardin par exemple. Ils peuvent instantanément se réunir en un lieu éloigné, si un danger nous menace.

 

Ils sont en lien télépathique avec d'autres entités très sages de mondes amis, en quelques secondes. Donc, tout est possible, tout est fait pour nous porter secours si le besoin s'en fait sentir.

 

Nous avons longé la trajectoire fascinante de plusieurs planètes géantes au teints rouges panachés de jaune et de blanc, qui impressionnèrent fortement les enfants. Non loin de ces planètes immenses orbitaient des lunes d'allure très variée. Et évidemment, le petit Zilner se fit un devoir de prendre de nombreux clichés.

 

En soirée, nous étions tout près de la grade barrière nébuleuse qui ceinture notre système. Cette barrière est en réalité, un moyen d'interdire à tout véhicule non autorisé l'accès à nos mondes.

 

Les experts en navigation nous ménagèrent une entrée et le passage subtil se referma. Nous étions arrivés chez nous ! Nous sommes entrés en plusieurs voiles de décontamination, avec des éclairages ionisés, destinés à purifier notre nef de toute forme de vie inverse éventuelle. Le couloir éclairé était assez long, à son extrémité, un éclat émeraude fascinait notre regard.

 

Lorsque le berceau vert de la belle Ellakhi envahit la baie vitrée, chacun poussa des cris de joie, nous nous sommes tous étreints. Je versais de nombreuses larmes, les enfants aussi. Chacun de nous murmura des prières et des bénédictions. Et il en est toujours ainsi à chaque fois que nous revenons en notre petit paradis.

 

Erazel fit faire un arc de cercle élégant au vaisseau qui plongea dans l'atmosphère, et la rétrocession commença.

 

Il y eut quelques secousses fort modérées, les agents de contrôle des trépidations atmosphériques agissaient à distance sur notre nef pour corriger notre trajectoire de manière mineure.

 

La nef survola notre vallée et nous avons alors contemplé un spectacle splendide.

 

C'était le matin et le soleil éclairait la cime des arbres de rais dorés. Une eau très vive s'écoulait dans la vallée, qui avait certainement été inondée. Le hangar à vaisseaux, qui lui était situé sur une hauteur n'avait pas souffert.

 

Un petit groupe d'informateurs, de savants et bien sûr tous nos proches, étaient là pour nous accueillir. Erazel posa la nef avec légèreté et activa les dispositifs de décontamination à l'entrée du sas, comme à chaque atterrissage.

 

Des petits techniciens s'affairaient déjà à polir la coque du vaisseau, ils émirent des faisceaux de lumière multicolore très concentrés du bout de leurs perches. Chacun de nous sortit du vaisseau et subit un traitement identique. On nous fit entrer en un bâtiment de décontamination. Les senseurs présents en ce lieu ne décelèrent aucune anomalie en nos cellules, ni en notre respiration. Nous étions tous fatigués, mais notre rayonnement énergétique était très satisfaisant.

 

Nous avons quitté nos habits spatiaux, et avons tous passé un temps dans la salle de bains. Ensuite, des habits de fête nous attendaient.

 

Nous sommes sortis tous ensemble du hangar, et avons marché lentement sur la pelouse, les larmes aux yeux. Mon sage ancêtre Oralecto était là, ainsi que ma mère, mes tantes et mes sœurs. Nous nous sommes tous étreints en une joie formidable ! Cette joie fut encore renforcée, puisque la sœur d'Amoni venait justement de donner le jour à un petit alien !

 

Nous étions tous ravis, et l'avons contemplé avec un grand bonheur. Il s'agissait d'un petit Kolal, et leur croissance est très rapide comparée à la nôtre. Le minuscule petit être adorable quêtait nos regards et commençait à dire quelques mots. Il pouvait marcher avec un peu de peine, et bientôt, proposa Nerti, avec une joie débordante, il serait possible de l'emmener en forêt !

 

Notre sage ancienne Erazel rit de ces propos.

  • S'il s'agit d'un petit farceur comme toi, voilà qui me fera deux petits êtres bien remuants à surveiller ! lança t-elle

 

Elle s'avança sur la pelouse, où le petit technicien Ilstirr lui faisait signe. Erazel entra dans un hangar destiné aux réparations et contempla un vaisseau antique lamentablement tordu, et rouillé.

  • Quelle merveille !!! lança t-elle. Un vrai trésor ! Quelles superbes lignes !!! Où avez-vous trouvé cette épave ?

  • C'est la crue qui l'a amené exposa un autre ancien. Nous avons retiré la boue et l'avons amené ici, en attendant de le réparer.

  • Félicitations ! Que voilà une véritable mine de découvertes, lança Erazel en inspectant de l’œil le cockpit dont il manquait une bonne moitié.

  • C'est un présent pour vous, fit un petit Ilstirr avec bonté. Nous savions qu'il vous plairait.

  • Et comment ! fit l'ancêtre. Nous avons les meilleurs experts pour remédier à la partie manquante de ce vaisseau et l'ôter du marais où elle n'a plus à séjourner. N'en est-il point ainsi ? fit-elle à l'attention de Dorian

  • Un nouveau tas de ferraille ! émit l'homme de Lumière en s'avançant avec un sourire. Très prometteur !

  • Le marais d'origine de ce vaisseau a été localisé, expliqua un ingénieur et décontaminé, bien sûr. Il reste un peu d'oxyde de fer, mais aucune trace de composés dangereux pour la vie.

  • Tant mieux, fit Erazel. Voilà qui est parfait mes amis, je suis si heureuse de vous voir tous !

 

Elle étendit la main et un ensemble de mets succulents apparurent sur la table. Chacun mangea en se délectant les plats à l'arôme raffiné. Une conversation d'une durée modérée suivit ce repas.

 

Nous avions tous besoin de repos, le retour à notre gravité nous laissait planer dans un état de vertige persistant. Chacun de nous était pressé d'aller s'étendre et tous le comprirent très bien.

 

Nous avons salué tout le monde et avons rejoint notre tour accueillante à bord d'une petite plate forme. Amoni pilotait le petit transport. Nous n'avions nul bagage avec nous, car tout ce qui était dans la nef devait être aussi décontaminé, par précautions, et nous serait rendu ensuite. Il en était toujours ainsi lors des missions, ces mesures peuvent paraître excessives, mais elles sont indispensables. Voilà pourquoi nos nefs sont polies, très lisses et régulières, à l'intérieur, comme à l'extérieur.

 

Le petit transport gagna le ras de la colline où nous avions élu domicile, mais, chose incongrue, notre tour ne s'y trouvait plus ! A la place, nous pouvions voir un creux léger, à présent envahi de végétation aquatique. Une petite roselière se dressait dorénavant, bordée par une rivière qui n'existait pas auparavant.

 

Amoni prit de l'altitude et nous avons alors aperçu notre logis, 300 mètres plus haut, perché au sommet du relief.

  • Ça alors ! s'exclama t-il. C'est indicible ! Qui a bien pu déplacer notre maison ?

  • Les prescients ont du être obligés d'agir de la sorte, exposais-je pour le rassurer. Cette eau a du monter très vite. Je suis certain qu'ils ont choisi le plus bel emplacement.

 

Le sage Amoni avança la plate forme et notre hangar s'ouvrit docilement pour nous laisser nous poser. Notre petite tour, bordée du laboratoire et de la serre était placée au creux d'un relief paré de mille fleurs et de verdure très dense. Les prescients avaient ajouté des plantes étranges tout autour, pour que ce changement nous soit le plus agréable possible. Ce nouveau décor me ravit, de même que les enfants. Nous avons admiré notre demeure, Amoni estimant ce travail comme miraculeux, car nulle fissure n'était visible et notre maison était parfaitement droite. Évidemment pour placer la maison à cet endroit, il avait fallu ôter tout un carré de verdure, mais les prescients avaient pensé à tout. Notre serre comportait à présent plusieurs grands bacs garnis de variétés nouvelles. Ils savaient que les nôtres aimaient la végétation, et ils nous avaient réservé ce cadeau. Sur notre monde, il va de soi que lors de la création d'un édifice nouveau, toute la végétation est préservée.

 

Nous avons murmuré des bénédictions, pour remercier là ces êtres d'une très grande bonté. Nous étions, je dois le dire, très émus, de retrouver notre intérieur.

 

Il n'existait nulle altération, nul signe de fragilité des murs. Et tout notre salon était comme nous l'avions laissé. Le seul signe de cet envol de notre maison étaient deux cadres que les prescients dans leur hâte avaient oublié de redresser.

 

Chacun de nous a ri de bon cœur de cet incident. Le petit Zilner était fou de joie, car cette nouvelle orientation lui permettrait bien mieux d'observer le ciel.

 

Chacun de nous est monté se reposer. Chacun de nous a fait un séjour d'oubli merveilleux dans le monde du sommeil. Nous avons fermé les yeux et nous sommes réveillés deux jours plus tard.

 

A mon réveil, Dorian assis avec légèreté sur la rampe de l'escalier, m'expliqua que tout ceci était parfaitement normal.

 

Il eut un rire et sauta avec grâce dans le séjour.

 

  • Quelqu'un a pensé à vous, dit-il avec amusement en montrant la porte du hangar

 

Amoni et moi-même sommes descendus et avons trouvé tous nos effets, mystérieusement déposés là, par les grands anciens de toute évidence.

 

En plus d'y retrouver nos effets les plus chers, il y avait de nombreux cadeaux, de nos proches et d'admirateurs. Nous étions attendus le jour même par le conseil de l'exploration des mondes, qui avait sûrement visualisé dans le détail nos différentes missions, filmées par le vaisseau lui-même.

J'allais y retrouver de nombreux amis botanistes, avec lesquels j'avais un plaisir très vif à échanger.

 

Cela était le début d'une longue heureuse suite d’événements pour notre monde.

 

J'ai été ravi de délivrer ce message, amis de la Terre bleue, je vous salue maintenant et vous dis à une prochaine fois.

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

 

 

 

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