Le premier voyage spatial des petits aliens

Publié le par Aurélia LEDOUX

Le premier voyage spatial des petits aliens

La naissance des planètes

 

« Bonjour à vous tous, c’est moi votre ami Zolmirel. Je poursuis cet aimable propos sur le voyage spatial.

 

Effectivement, chez nous, tous les jeunes aliens sont initiés fort jeunes à l’art du voyage spatial.

 

Il en est ainsi, car nous sommes un peuples de découvreurs de mondes, nous les répertorions, les étudions et y semons avec le plus grand soin, les variétés de plantes les plus appropriées à la création d’un berceau.

 

Ce « berceau », un mot sans traduction possible chez vous, veut dire un écrin premier susceptible de voir s’épanouir d’autres formes de vie, surtout animales, et de haute pensée.

 

Nous constituons des berceaux afin que des êtres pensants puissent un jour marcher sur de nouvelles planètes. Il est parfois ardu de parvenir à constituer un biotope stable, mais nous réussissons toujours avec beaucoup de temps et de patience. Parfois, ces opérations ont lieu sur plusieurs générations, trois ou quatre.

 

Il faut surtout de l’amour, l’amour permet de faire communier les plantes nouvelles avec l’esprit-mère de chaque planète.

 

C’est à chaque fois un brillant défi de réussi. Comme nous vous l’avons déjà expliqué, la présence de tout jeunes enfants est primordiale pour la réussite de cette opération. Les enfants possèdent les pensées les plus pures et les plus puissantes. Ils ont simplement du mal à bien les diriger. Il faut donc que des êtres très âgés les accompagnent pour les guider. (Il rit bien de cette déclaration) Les enfants et les plus anciens des êtres s’apprécient beaucoup mutuellement.

 

C’est toujours un plaisir d’ouvrer avec ces chers petits cœurs, comme ils sont dévoués, comme ils sont attentifs ! Sur le monde d’où je viens existent peu d’enfants en mon peuple, simplement parce que nous vivons vraiment très vieux. Alors, ce sont des enfants d’autres peuples qui participent à ces missions. Ils en sont absolument ravis.

 

Lorsque nous découvrons une planète cela a lieu très souvent en nos observatoires. Nous pouvons aussi la détecter par son signal. Chaque planète, comme vous le savez bien maintenant, a un chant. Nos instruments nous permettent de capter ce chant de très loin en l’amplifiant, un peu comme vous le faites avec vos postes de radio.

 

Nous pouvons aussi amplifier les signaux que vous écoutez, mais les émissions de radio sont bien moins intéressantes que le chant des sphères ! Le chant d’une étoile possédant plusieurs sphères qui l’entourent, est également particulier.

 

En l’analysant avec soin, nous parvenons à savoir le nombre, la taille et la disposition exacte de toutes les planètes d’un système. Il existe de très grands flux d’énergie primordiale entre un soleil et ses planètes. Ce flux doit être équilibré parfaitement. Nous modélisons absolument tout dans nos sondoscopes, des ordinateurs très évolués. Nous pouvons cartographier jusqu’au plus frêle astéroïde.

 

Un astéroïde est un fragment inerte de monde non constitué. Ce fragment ne possède pas de différenciation, pas de polarité. Il faut un certain nombre de révolutions pour que le jeune astéroïde prenne une forme plus sphérique, sous l’afflux de poudre spatiale, de débris de glace, il va peu à peu devenir plus gros. Et ensuite, naîtra une frêle atmosphère à sa surface, très raréfiée, que certains êtres peuvent tout de même respirer. Une fois que le jeune astéroïde prend une forme sphérique, son centre commence à fondre et à se creuser sous l’effet de la pesanteur, de la gravité, un peu comme une toupie. Le centre entre en fusion et la polarisation électromagnétique, la différenciation s’opère, les matériaux susceptibles de générer une certaine gravité se positionnent au centre ou à mi chemin du manteau. (Pôle positif et négatif apparemment)

Ils se placent en cet endroit pour contrebalancer à la fois l’effet de marée de la planète-mère et l’attraction du cœur radiant. ( ?) Ensuite, la surface du jeune astéroïde fond entièrement, elle prend une allure pâteuse, puis devient bien lisse, bien sphérique sous l’effet des forces de marée. Au fil du temps, la petite planète refroidit alors lentement en se plissant plus ou moins.

 

C’est alors que nous pouvons intervenir.

 

Pour qu’un corps soit constitué et nommé planète, il faut qu’il soit sphérique, c’est indispensable.

 

Pour nous, tous les corps sphériques sont appelés « planètes » et sont donc susceptibles de recevoir la vie une fois refroidis suffisamment.

 

Nous commençons toujours par les planètes, puis ensuite par les satellites, pour créer de nouvelles zones de vie.

 

Il faut aussi que ces corps y aspirent profondément. Tous les corps sphériques de l’espace, possèdent en eux une conscience et celle-ci souhaite parfois abriter des formes de vie éthériques, qui n’ont donc pas besoin d’un monde végétal matériel pour bien s’épanouir.

 

Il existe des êtres qui se nourrissent simplement de la lumière émise par les étoiles. Ces êtres sont immensément heureux. Ils vivent en des endroits paradisiaques, habités de formes de vie plasmatiques, de créatures, de plantes, qui se développent sur des dimensions très subtiles. Ces êtres peuplent aisément de telles dimensions de formes de vie, rien que par l’esprit.

 

Vous les appelez anges ou archanges.

 

Nous veillons à agir toujours en harmonie avec les corps célestes que nous découvrons, nous communions étroitement avec eux, avant de les visiter à bord de nos nefs.

 

Une fois que les mondes nous appellent, nous arrivons.

 

L’embarquement est une sorte de rituel joyeux, et bien sûr les tout jeunes biologistes que nous invitons à nous accompagner sont fous de joie. Ce sont eux qui sont chargés de répandre les précieux semis que nous avons mis au point dans nos laboratoires. Ce sont aussi eux, qui vont émettre de si belles pensées, pour aider à l’épanouissement de ces plantes, à leur floraison. Il est bouleversant de voir gambader ces petits sur un nouveau monde aride, qui n’a jamais été visité par des êtres ! En agissant de la sorte, ils permettent de diriger les flux de l’énergie tellurique de la planète, directement sur les racines des jeunes plantes.

 

Une jeune planète possède très peu de ces flux. C’est tout un art de les recombiner, de les concentrer et de les moduler suivant certaines attentes vibratoires de la plante.

 

Le voyage spatial se déroule dans l’allégresse, mêlée de mystère. Les petits aliens sont curieux de tout et nous n’avons nulle peine pour les occuper à bord. Nous leurs montrons comment semer, disposer des boutures suivant certaines formes géométriques, orienter les foyers de lumière polarisée, pour favoriser au mieux la croissance végétale.

 

Ils apprennent très vite, et c’est un grand bonheur pour nous de transmettre de telles connaissances.

 

Une fois que la nef est en vue du petit monde qui nous attend, c’est à chaque fois un spectacle majestueux. C’est toujours aussi émouvant de découvrir une belle pour la première fois.

 

Tantôt un paradis de neige silencieux, tantôt un désert de sable balayé par des vents chauds. Tantôt une plaine silicifiée. Ou encore une mer de lave agitée, sur laquelle il existe peu d’endroits où se poser. Nous parvenons toujours à atterrir en sécurité, à trouver des grottes où déposer la vie, des eaux saumâtres.

 

Lorsque la nef est dans une position précaire, cela est plus périlleux. Nous ne pouvons rester que quelques minutes à l’extérieur. Il est déjà arrivé que des nefs soient couvertes d’éboulis, lorsque le plafond d’une grotte s’écroule. Cela a donc été à nous, les anciens, d’intervenir très rapidement. Les plus sages des êtres, chez nous, possèdent d’immenses facultés pour déplacer des rocs d’un poids considérable avec aisance. Le plus âgé garde toujours la nef. C’est un être très affable, toujours un peu somnolent, perdu dans une profonde méditation. Il est d’une immense bonté, d’une très grande intelligence.  

 

Lorsque nous sommes en danger, nous le sentons très précisément. Nous voyons tout ce qui risque d’arriver, le niveau de lave qui monte en dessous, l’eau qui bouillonne, oui, tout cela est bien visible. Nous voyons cela en notre esprit.

Mais les anciens les plus lents à se déplacer, arrivent à retirer les pierres en quelques secondes. Les vaisseaux sont si résistants, que les chutes de pierres ne les affectent guère.

 

Voici que je souhaite vous conter une histoire qui s’est déroulée il y a quelque temps, sur une jeune planète volcanique assez instable. (Nous y avions atterri et notre nef s’était posée dans une grotte.)

 

 

Oui, un jour que je me trouvais à l’extérieur avec trois autres des miens et une douzaine de très jeunes aliens, nous avons été surpris par une forte activité sismique, qui a secoué la grotte. Nous avions à peine achevé nos opérations et remballé notre matériel.

 

Les biologistes qui m’entouraient ne maîtrisaient pas tous la gravité, nous n’étions pas trop de deux pour protéger tout le monde des chutes de pierres. Il y a eu des blessés ce jour là.

 

Nous voulions retourner à la nef, les semis ayant été heureusement achevé un peu plus tôt, mais nous nous sommes aperçus, qu’un véritable mur de pierres nous séparait de l’engin, complètement enseveli.

 

Alors, notre ancien nous a indiqué par télépathie qu’il fallait nous reculer. Il a fait agir son fluide et en quelques secondes les pierres se sont écartées avec grâce, pour laisser passer la nef. Juste derrière celle-ci, venait une coulée de lave ! La coulée a évité la nef, qui s’est élevée aussitôt, notre ancien a aussi ce pouvoir.

 

Nous avons eu à peine le temps de monter sur un piton rocheux pour nous abriter. Puis, les plus jeunes ont pu grimper sur le toit du vaisseau, et nous avons tous pu rentrer à bord sains et saufs, en portant les blessés.

 

Notre ancien a piloté la nef de main de maître à la vitesse maximale, pour sortir de cet endroit. Oh, comme il a agi avec célérité, exactement à propos !

 

Puis, il m’a regardé en riant alors que je n’en menais pas large. En vérité tout s’écroulait autour de nous.

 

  • Pourquoi t’inquiètes tu toujours trop ? Les choses arrivent toujours à propos, à qui sait attendre !      

 

Il avait vraiment l’air de bien s’amuser, évitant les morceaux de rocs qui chutaient avec une virtuosité effarante. Ralentissant ou accélérant, le temps qu’il fallait, comme seuls les plus grands prescients savent le faire.

 

Et là, nous sommes enfin sortis de cette grotte ! J’ai senti un immense soulagement, mais aussi une vive incompréhension.

 

  • Maître, l’esprit-mère de ce monde nous avait pourtant garanti stabilité et sécurité pendant que nous faisions ce semis d’algues et de vies biominérales !
  • C’est bien ce qui s’est produit. Pendant le semis, tout était stable. C’est ensuite que la secousse a eu lieu. Après tout, ce monde est encore très jeune, a répondu le sage posément. Les formes de vie que nous avons semées sont en ce moment entrainées au cœur de cette grotte, je perçois une eau tiède, qui sera un milieu parfait pour leur croissance. Donc nous avons réussi.

 

L’image d’un récif corallien souterrain a surgi dans mon esprit et je me suis apaisé. Je me suis empressé de soigner les bras et la tête de trois jeunes, qui avaient été blessés par les chutes de pierre. Il a fallu les réconforter. La sagesse du grand ancien a été d’un immense secours, nous étions admiratifs face à l’incroyable virtuosité qu’il avait déployée. Nous l’avons félicité pour son intervention merveilleuse. Il a simplement eu un rire joyeux, comme s’il avait accompli là quelque chose de très divertissant. 

 

Notre nef s’éloignait de cette planète agitée, une sphère ocre veinée de zones orangées.

 

Soudain, un chant sublime s’est manifesté, un chant très beau immensément pur, qui nous a fait venir les larmes aux yeux. L’esprit–mère de cette jeune planète, nous envoyait tout son amour, en particulier pour remercier les courageux petits biologistes, qui avaient effectué cette mission. Pour s’excuser aussi de tels soubresauts. Un amour immense nous a envahis, les trois jeunes enfants ont été aussitôt apaisés. Ils se sont endormis paisiblement, le chant télépathique peuplant leur sommeil de rêves agréables.

 

Le premier voyage des petits explorateurs avait été riche en émotions.

 

Alors, nous nous sommes étreints tous ensembles. Nous avions fait quelque chose de très grand ce jour là, une joie indicible nous porta au sommet de nos êtres. »

 

Le professeur Zolmirel

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

 

 

 

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